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Laissez bronzer les cadavres: feu d’artifice sensoriel

Après Amer et L’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps, Hélène Cattet et Bruno Forzani reviennent avec Laissez Bronzer les Cadavres, film de flics et de voyous décapant, à haute tenue psychédélique, voire hallucinogène. 

La Méditerranée, l’été : une mer d’azur, un soleil de plomb… et 250 kilos d’or volés par Rhino et sa bande! Ils ont trouvé la planque idéale : un village abandonné, coupé de tout, investi par une artiste en manque d’inspiration. Hélas, quelques invités surprises et deux flics vont contrecarrer leur plan : ce lieu paradisiaque, autrefois théâtre d’orgies et de happenings sauvages, va se transformer en un véritable champ de bataille… impitoyable et hallucinatoire !

Un écrivain, une muse, un avocat, un malfrat et une poignée d’hommes de main reclus dans un village corse abandonné. On secoue un bon coup, on rajoute une paire de représentants de la maréchaussée, et on laisse reposer, sur fond d’Ennio Morricone. Arrive un improbable équipage: la femme, l’enfant, et la nounou. Ce village corse abandonné en haut d’une montagne battue par les vents et assommée par le soleil devient le lieu de convergence de freaks pas tous très sympathiques.

Changement de cap. Après les casse-têtes psychologiques à l’esthétisme éblouissant d’Amer et L’Etrange Couleur des Larmes de ton Corps, Cattet et Forzani sortent de leurs sentiers battus. Laissez bronzer les cadavres est une adaptation d’un roman culte de Jean-Patrick Manchette et Jean-Pierre Bastid publié en 1971 dans la prestigieuse collection de la Série Noire de Gallimard. Les réalisateurs s’avèrent des adaptateurs libres, qui s’amusent des codes, brouillent les genres, s’en offrent même de nouveaux à détourner, malaxer, malmener. Ils s’offrent le luxe d’une course poursuite dans les règles de l’art, avec routes de montagne sinueuses et vieille fourgonnette, et plongent gendarmes et voleurs dans un fort assiégé, un grand classique du grand écran, et moulinent le tout à la sauce giallo psychédélique, matinée d’une jouissance toute tarantinesque pour les guns, l’action, et les discussions absurdes entre bandits. Un cinéma hautement charnel, et un récit tellement limpide sur le papier que les cinéastes s’amusent à le triturer en tous sens pour en éclater la linéarité, plongeant le spectateur dans un tourbillon temporel faisant écho au feu d’artifice sensoriel à l’oeuvre.

Techniquement, c’est le la 2D, mais niveau explosion des sens, on s’approche sérieusement de la 5D. Les trouvailles sonores et visuelles pleuvent comme les coups de fusil sur les pierres chauffées à blanc par le soleil corse. Le sound design pétarade et la lumière est éblouissante, dans tous les sens du terme. La mise en scène virtuose offre des moments d’anthologie, comme cette scène de repas où d’un côté et de l’autre de la table, Elina Löwensohn et Bernie Bonvoisin se font face, leurs corps se rapprochant, et la table se rapetissant au fur et à mesure que la tension monte.

Film de genre dans les règles de l’art, Laissez Bronzer les Cadavres est avant tout une petite pépite cinématographique, usant avec maestria de toutes les ficelles du cinéma, une expérience audiovisuelle jouissive, qui donne corps à l’expression « en prendre plein les yeux et les oreilles » comme si elle n’avait jamais été utilisée avant; une expérience d’autant plus inoubliable qu’elle sera inattendue pour beaucoup, un vrai bonheur de spectateur, qui devrait à coup sûr être cueilli et chamboulé sur le champ.

On vous prépare une belle surprise autour du film pour la rentrée, stay tuned!

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