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Magritte du Cinéma 2018: Noces, Chez Nous et Insyriated en tête des nominations

Cette 8e édition des Magritte du cinéma, qui aura lieu le 3 février prochain et sera diffusée sur la RTBF, sera placée sous le signe de films forts et engagés, qui se penchent avec force conviction sur des thématiques dures et ultra-contemporaines. Que ce soit Noces, qui aborde la question du mariage forcé, et qui cumule 8 nominations, Chez Nous, qui observe les mécanismes de la montée du vote extrémiste (7 nominations), ou Insyriated qui s’engouffre dans la quotidien d’une famille syrienne assiégée (6 nominations), le cinéma belge cette année s’est emparé à bras le corps de l’actualité.

Ces trois films concourent donc pour le Magritte du Meilleur film, aux côtés de Dode Hoek de Nabil Ben Yadir, noir polar sur un inspecteur des stups anversois qui prend sa retraite pour se lancer en politique dans un parti d’extrême-droite. On y revient. Ces 4 films valent également une nomination à leurs auteurs pour le Magritte de la Meilleure réalisation.

Le 5e film nominé pour le Magritte du Meilleur film apporte une sorte de bulle de poésie dans ce monde de brutes. Paris Pieds Nus décline une fois de plus l’irrésistible fantaisie de son duo aussi bien devant que derrière la caméra, Dominique Abel et Fiona Gordon. Mais réduire le film à cette légèreté serait passer un peu vite sur l’envers du décor des SDFs des grandes villes qu’il montre en passant, l’air de rien.

Interprétation

Chez les comédiennes, on notera sans surprisse (mais toujours avec admiration) la nomination d’Emilie Dequenne, une fois de plus bouleversante chez Lucas Belvaux. Après le Magritte décrochée pour Pas son genre il y a 3 ans, elle pourrait bien être la favorite pour sa prestation à nouveau remarquable dans Chez Nous. Mais face à elle, on retrouve une Cécile de France en grande forme inspirée par son duo avec François Damiens dans Otez-moi d’un doute de Carine Tardieu, mais aussi Lucie Debay, brillante, qui confirme l’espoir reçu pour Melody dans le déjanté King of the Belgians (on notera qu’elle est également nominée dans la catégorie Meilleure actrice dans un second rôle pour La Confession), et Fiona Gordon, burlesque comme jamais dans Paris Pieds Nus.

 

Chez les comédiens, on retrouve donc François Damiens particulièrement émouvant, nommé pour la 5e fois avec Otez-moi d’un doute. Cette fois-ci sera peut-être la bonne, mais il aura face à lui de coriaces adversaires. Matthias Schoenaerts et Jérémie Renier, magnifiés par leurs réalisateurs fétiches (Michaël Roskam, Le Fidèle pour l’un, François Ozon, L’Amant Double pour l’autre), sont toujours aussi intense, et le grand (dans tous les sens du terme) Peter Van den Begin en impose royalement dans King of the Belgians, tout comme d’ailleurs dans Dode Hoek pour lequel il aurait également pu être nommé.

 

Notons en passant que Dode Hoek obtient 4 nominations, dont la 4e (!) d’affilée pour David Murgia dans la catégorie Meilleur acteur dans un second rôle (qu’il a remportée l’année dernière pour Les premiers les derniers), et que King of the Belgians en compte 5, dont celles du Meilleur film flamand et du Meilleur scénario. Autres films non belges francophones (encore que Dode Hoek soit techniquement francophone bien que parlé en flamand), Grave de Julia Ducournau, largement tourné en Belgique, et Home de Fien Troch sont également plusieurs fois nommés, le premier pour l’image, les décors et les costumes, le second pour les espoirs (nous y reviendrons) et le montage.

Courts métrages

Côté courts métrages, ce sont cette année 4 (et non plus 3) films qui sont retenus dans chaque catégorie. En fiction, on retrouve Kapitalistis, la comédie sociale de Pablo Munoz Gomez, déjà primé en 2013 pour Welkom, qui enchaîne les prix et les sélections, Les Petites Mains de Rémi Allier, Avec Thelma, de Raphaël Balboni et Ann Sirot (déjà nommés à deux reprises pour La Version du loup et Fable Domestique), et Le Film de l’été, qui vient de bénéficier d’une sortie en salle, et qui se positionne comme le chouchou de notre « sondage/ Flashback 2017 » effectué durant les vacances. En animation, on retrouve deux productions d’Arnaud Demuynck (Le Vent dans les roseaux et La Licorne), Le Lion et le Singe de Benoît Féroumont, et un film d’école (Atelier de la Cambre), 69 Sec de Laura Nicolas.

Documentaires

Côté doc, on retrouve 4 films dont on a beaucoup parlés l’année dernière. Rester vivants de Pauline Beugnies (que nous rencontrions récemment) et qui revient sur les stigmates de la révolution égyptienne, La belge histoire du Festival de Cannes d’Henri de Gerlache, présenté sur la Croisette en mai dernier, l’incontournable Thierry Michel et ses émouvants Enfants du hasard (co-réalisé avec Pascal Colson), et enfin l’édifiant Burning Out de Jérôme le maire dont nous vous parlions au printemps dernier.

 

Notons pour terminer que face à Grave de Julia Ducournau, on retrouve dans la catégorie Meilleur film en coproduction trois films produits par les frères Dardenne (Loveless, Baccalauréat et I, Daniel Blake), qui viennent s’il en était besoin témoigner de leur amour militant pour un cinéma européen exigeant et passionnant.

 

La liste des nominés

 

MEILLEUR FILM

  • Chez nous de Lucas Belvaux, produit par Patrick Quinet (Artémis Productions)
  • Dode hoek de Nabil Ben Yadir, produit par Nabil Ben Yadir (Antilope joyeuse) et Benoît Roland (Wrong Men)
  • Insyriated de Philippe Van Leeuw, produit par Guillaume Malandrin (Altitude 100 Production)
  • Noces de Stephan Streker, produit par Michaël Goldberg et Boris Van Gils (Daylight Films)
  • Paris pieds nus de Dominique Abel et Fiona Gordon, produit par Dominique Abel et Fiona Gordon (Courage Mon Amour)

MEILLEUR PREMIER FILM

  • Even lovers get the blues de Laurent Micheli, produit par Camille Meynard (Grenade), Anton I and Stettner et Eva Kuperman (Stenola Productions)
  • Faut pas lui dire de Solange Cicurel, produit par Diana Elbaum (Entre Chien et Loup)
  • Je suis resté dans les bois de Michaël Bier, Erika Sainte et Vincent Solheid, produit par Marie Besson et Samuel Tilman (Eklektik Productions)
  • Sonar de Jean-Philippe Martin, produit par Julie Esparbes et Anthony Rey (Hélicotronc)
  • Spit’n’Split de Jérôme Vandewattyne, produit par Christele Agnello et Julien Henry (La Film Fabrique)

MAGRITTE DE LA MEILLEURE RÉALISATION

  • Chez nous : Lucas Belvaux
  • Dode hoek : Nabil Ben Yadir
  • Insyriated : Philippe Van Leeuw
  • Noces : Stephan Streker

MEILLEUR FILM FLAMAND

  • Cargo de Gilles Coulier, produit par Gilles Coulier, Gilles De Schryver et Wouter Sap (De Wereldvrede)
  • Home de Fien Troch, produit par Antonino Lombardo (Prime Time)
  • King of the Belgians de Peter Brosens et Jessica Woodworth, produit par Peter Brosens et Jessica Woodworth (Bo Films)
  • Le Fidèle de Michaël R. Roskam, produit par Bart Van Langendonck (Savage Film)

MEILLEUR FILM ETRANGER EN COPRODUCTION

  • Baccalauréat de Cristian Mungiu, coproduit par Jean-Pierre et Luc Dardenne et Delphine Tomson (Les Films du Fleuve)
  • Faute d’amour d’Andreï Zviaguintsev, coproduit par Jean-Pierre et Luc Dardenne et Delphine Tomson (Les Films du Fleuve)
  • Grave de Julia Ducournau, coproduit par Jean-Yves Roubin et Cassandre Warnauts (Frakas Productions)
  • I, Daniel Blake de Ken Loach, coproduit par Jean-Pierre et Luc Dardenne et Delphine Tomson (Les Films du Fleuve)

MEILLEUR SCENARIO

  • Chez nous : Lucas Belvaux Insyriated : Philippe Van Leeuw
  • King of the Belgians : Peter Brosens, Jessica Woodworth
  • Noces : Stephan Streker

MEILLEURE ACTRICE

  • Chez nous : Emilie Dequenne (rôle : Pauline Duhez)
  • King of the Belgians : Lucie Debay (rôle : Louise Vancraeyenest)
  • Otez-moi d’un doute : Cécile de France (rôle : Anna)
  • Paris pieds nus : Fiona Gordon (rôle : Fiona)

MEILLEUR ACTEUR

  • King of the Belgians : Peter Van Den Begin (rôle : le Roi Nicolas III)
  • L’amant double* : Jérémie Renier (rôle : Paul)
  • Le Fidèle : Matthias Schoenaerts (rôle : Gino)
  • Otez-moi d’un doute : François Damiens (rôle : Erwan)

MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND ROLE

  • La confession : Lucie Debay (rôle : Sabine)
  • La Fille de Brest* : Isabelle De Hertogh (rôle : Corinne Zacharria)
  • Noces : Aurora Marion (rôle : Hina Kazim)
  • Une vie : Yolande Moreau (rôle : La baronne Adélaïde Le Perthuis des Vauds)

MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND ROLE

  • Chez nous : Patrick Descamps (rôle : Jacques)
  • Dode hoek : David Murgia (rôle : Axel Bastien)
  • Faut pas lui dire : Laurent Capelluto (rôle : Daniel)
  • Le Fidèle : Jean-Benoît Ugeux (rôle : Serge Flamand)

MEILLEUR ESPOIR FEMININ

  • Even lovers get the blues : Adriana Da Fonseca (rôle : Dalhia)
  • Happy end* : Fantine Harduin (rôle : Eve Laurent)
  • Home : Lena Suijkerbuijk (rôle : Lina)
  • Mon Ange : Maya Dory (rôle : Madeleine adolescente)

MEILLEUR ESPOIR MASCULIN

  • Dode hoek : Soufiaane Chilah (rôle : Dries Ben Haïssa)
  • Home : Mistral Guidotti (rôle: John)
  • Le passé devant nous : Arieh Worthalter (rôle : Olivier)
  • Sonar : Baptiste Sornin (rôle : Thomas)

MEILLEURE IMAGE

  • Grave : Ruben Impens
  • Insyriated : Virginie Surdej
  • Mon Ange : Juliette Van Dormael

MEILLEUR SON

  • Insyriated : Alek Goose, Paul Heymans
  • Noces : Olivier Ronval, Michel Schillings
  • Sonar : Benoît Biral, Félix Blume, Frédéric Meert
  • Grave : Laurie Colson Mon Ange : Luc Noël Noces : Catherine Cosme

MEILLEURS COSTUMES

  • Grave : Elise Ancion
  • King of the Belgians : Claudine Tychon
  • Noces : Sophie Van Den Keybus

MEILLEURE MUSIQUE ORIGINALE

  • Chez nous : Frédéric Vercheval
  • Insyriated : Jean-Luc Fafchamps
  • Le Fidèle : Raf Keunen

MEILLEUR MONTAGE

  • Chez nous : Ludo Troch
  • Home : Nico Leunen
  • Le Fidèle : Alain Dessauvage
  • Noces : Jérôme Guiot
  • Paris pieds nus : Sandrine Deegen

Cette année, la catégorie “Meilleur montage” comprend 5 nominés dû à des ex-aequo.

MEILLEUR COURT METRAGE DE FICTION

  • Avec Thelma de Raphaël Balboni et Ann Sirot, produit par Julie Esparbes (Hélicotronc)
  • Kapitalistis de Pablo Muñoz Gomez, produit par David Borgeaud et Erika Meda (Roue Libre Production)
  • Le Film de l’été d’Emmanuel Marre, produit par Sébastien Andres et Olivier Burlet (Michigan Films)
  • Les petites mains de Rémi Allier, produit par Benoit Roland (Wrong men)

MEILLEUR COURT METRAGE D’ANIMATION

  • 69 Sec de Laura Nicolas, produit par l’Atelier de production de La Cambre
  • La licorne de Rémi Durin, produit par Arnaud Demuynck (La Boîte,… Productions)
  • Le lion et le singe de Benoît Feroumont, produit par Guillaume Malandrin (Altitude 100 Production)
  • Le vent dans les roseaux d’Arnaud Demuynck et Nicolas Liguori, produit par Arnaud Demuynck (La Boîte,… Productions)

MEILLEUR DOCUMENTAIRE

  • Burning out de Jérôme le Maire, produit par Arnauld de Battice et Isabelle Truc (AT-Prod)
  • Enfants du Hasard de Thierry Michel et Pascal Colson, produit par Christine Pireaux (Les Films de la Passerelle)
  • La belge histoire du festival de Cannes de Henri de Gerlache, produit par Bernard de Launoit (Alizé Production)
  • Rester vivants de Pauline Beugnies, produit par Laurence Buelens (Rayuela Productions)

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