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Parasol : l’autre côté du soleil…

Voir son premier long métrage de fiction sélectionné dans différents festivals de cinéma à travers le monde alors qu’il n’est même pas terminé est une chance immense qu’envient sans doute beaucoup de réalisateurs, parfois (beaucoup) plus chevronnés.

Notamment remarqué avec Dimanches et Silence radio, Valery Rosier s’est rapidement fait un nom dans le petit monde du cinéma belge. Sa patte immédiatement identifiable, son style unique et totalement en marge font mouche à chaque fois. Il collectionne les prix et son nom est déjà une référence pour beaucoup de sélectionneurs.

 

Parasol, c’est certain, ne sera pas le prochain Tout Nouveau Testament dans les salles de cinéma. Il n’en a ni la structure, ni la volonté. Et s’il s’agit clairement d’un film de fiction, agencé en trois histoires entremêlées qui ne se rejoignent pas, mais proposent globalement un instantané de la vie sur une île méditerranéenne fort fréquentée par les touristes du monde entier, la forme est quasi documentaire.

 

Devant la caméra de Valery Rosier et de son chef op Olivier Boonjing, le strass et les paillettes s’effacent derrière les buildings décrépis, les sentiers poussiéreux et l’indifférence des autochtones qui ont leurs propres soucis.

 

 

Les personnages de Parasol sont à la fois pathétiques et attachants.

Il y a d’abord Annie, pensionnée qui a quitté la Belgique sans prévenir personne et est bien décidée à s’éclater au soleil. Seulement, le soleil est absent et l’amant qui l’a attirée dans son lit se transforme rapidement en un fantôme qu’elle traîne derrière elle comme un boulet.

 

 

Alfie est en vacances avec son père et sa belle-mère. Pour cette victime de la vie, cette escapade tourne vite au vinaigre. Solitude, ennui, mensonges aux proches restés au pays…, le tableau est triste. Quand il tombe sur deux touristes venus comme lui de la fière Albion il croit au miracle, mais le cauchemar ne fait que commencer pour lui aussi.

 

 

Le troisième personnage de Parasol n’a pas de prénom. Il est conducteur de train traînant des touristes le long de « terrains de tennis extraordinaires » et des « buissons typiques ». L’ennui total. Sa seule motivation du moment est sa fille qui passe quelques jours chez lui et de qui il aimerait s’occuper un peu plus.

 

Par petites touches souvent drôles, Parasol montre la face cachée d’un mensonge commercial à travers le regard de personnages qui passent à côté de leur vie même s’ils font semblant d’y croire encore. Et encore.

 

 

Avec son côté « Strip Tease », le film pourrait n’être qu’une méchante farce s’il ne faisait en fait grand cas de ses personnages. C’est une marque de fabrique du cinéma de Valery Rosier de mettre en lumière des personnages qui n’intéressent personne d’autre avec une attention et une bienveillance qui n’appartiennent qu’à lui.

 

 

Jamais moqueur, ni vraiment grotesque, encore moins surchargé d’une émotion factice, ce film excelle aussi par une mise en images à nouveau atypique.

Fidèle complice du cinéaste, Olivier Boonjing conçoit ses images comme des peintures : plans fixes volontier décadrés, décors improbables, regards absents ou tristes, les images qu’il construit avec minutie (mais souvent dans l’urgence) sont pour beaucoup dans le charme de ce (court) long métrage qui arpente  les festivals : San Sebastian, Namur, la Corée, la route parcourue par Parasol est déjà riche et enthousiasmante.
Et on imagine que son réalisateur, parti à l’autre bout du monde, en est heureux.

 

 

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