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« La Part Sauvage », portrait d’une fragile réinsertion

La Part Sauvage, premier long métrage de Guérin van de Vorst, était présenté jeudi soir au Festival de Namur dans le cadre de la Compétition 1ère Oeuvre. Un film fort et subtil à la fois sur la difficile réinsertion d’un jeune ex-détenu en rupture avec la société, qui se découvre père.

Guérin van de Vorst a réalisé quatre courts métrages depuis sa sortie de l’IAD, explorant divers genres au fil du temps, de Club Caval à Putain Lapin, en passant par Osez la Macédoine, ou La Part Sauvage, qui partage le titre du long, sans forcément en constituer un développement. Il ose avec ce premier long un drame sensible et intense.

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Un portrait dense et percutant

Avec  La Part Sauvage, Guérin van de Vorst propose le portrait dense et percutant de Ben. Après 3 ans de prison, Ben veut renouer avec son fils et trouver sa place dans la société. A sa sortie, il retrouve Anouar, un ami d’enfance, qui l’accueille comme un frère, et lui propose un travail dans son garage. Alors que Ben a vu sa vie mise entre parenthèses derrière les barreaux, Anouar lui a vu sa vie s’épanouir, il s’est marié, est devenu papa, a monté sa propre boîte… Ben se sent vite étranger face à tant d’accomplissements. D’autant que lui aussi, voudrait bien être père, mais ses tentatives de reprise de contact avec son fils qui ignore tout de son passage en prison s’avèrent peu fructueuses, face aux réticences de la mère, et à la distance du fils. Complètement perdu dans cette nouvelle vie à la fois trop grande et trop étriquée, Ben trouve une oreille attentive auprès de Jo et de Mustapha. Peut-être trop attentive. Petit à petit, l’appétence religieuse de Ben vire au radicalisme. Chez ses compagnons de prière, il trouve une famille qu’on lui refuse ailleurs. De travail de réinsertion en petites récidives, d’amitiés sincères en tentation intégriste, Ben va mener combat pour résister à la haine et retrouver sa dignité d’homme libre.

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Peu de mots, beaucoup d’intensité

Dans le rôle de Ben, on retrouve Vincent Rottiers, qui porte en peu de mots et beaucoup d’intensité le film sur ses épaules. Il fallait un comédien dense et magnétique pour incarner ce jeune homme en bute à ses démons, et marginalisé par une société qui ne fait pas de place à ceux qui ont fauté, tout en se découvrant père. Talentueux habitué du cinéma belge, on l’a notamment aperçu dans  L’Hiver Dernier de John Shank, La Marche de Nabil Ben Yadir ou Le Monde Nous Appartient de Stephan Streker, Rottiers impose une fois de plus sa présence dans un rôle central et exigeant. Face à lui, on retrouve notamment Sébastien Houbani, déjà formidable dans Noces de Stephan Streker également, et qui incarne ici Anouar, ou encore Walid Afkir, révélé chez Haneke. Salomé Richard, révélée quant à elle dans les films de Rachel Lang, et notamment Baden Baden, incarne quant à elle une rare bulle de légèreté, projection d’un possible espoir dans la noirceur du quotidien de Ben. La Part Sauvage se déroule à Bruxelles, la Bruxelles du Canal, cette limite entre deux mondes, celui des planqués et celui de ceux qu’on cache, une Bruxelles majestueuse mais fracturée par ce canal, frontière territoriale et sociologique.

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Wrong Men, premiers films en série

La Part Sauvage est produit par Wrong Men, qui en quelques années à peine a montré un véritable savoir-faire dans l’accompagnement de jeunes auteurs prometteurs vers leur premier long métrage. La société, créée il y a 5 ans par Benoît Roland, ex de chez Entre chien et Loup, s’est faite remarquée grâce à son soutien à des premiers films tranchés aux univers forts et percutants. On se souvient bien sûr de Préjudice d’Antoine Cuypers, avec Nathalie Baye, Thomas Blanchard, Arno et Ariane Labed, Prix du Public au Festival Premiers Plans d’Angers, ou encore de Parasol de Valéry Rosier, Prix du Public au Festival d’Amiens. Wrong Men produira également les prochains films de Rachel Lang (Baden Baden) ou Laurent Micheli (Even Lovers Get the Blues).

Le film devrait sortir sur les écrans belges fin 2017/ début 2018.

 

 

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