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Puppy Love : Deux filles

Cette année, les films belges proposés au FIFF sont plus variés que jamais. Et globalement plus excitants encore. Nous avons d’ailleurs croisé hier 4/5 du jury Cinevox, très emballé, par ce qu’il a vu jusqu’ici. Sans nous immiscer dans les discussions (pour rappel, le jury est totalement indépendant et chapeauté non par Cinevox, mais par Christine Pinchart de la RTBF), nous avons compris que le choix du meilleur film belge du festival serait extrêmement compliqué. Et les discussions serrées.

« Nous allons devoir comparer l’incomparable » a souri la présidente de ce jury de cinéphiles passionnés. C’est le moins qu’on puisse dire.

 

 

 

 

Il existe certes quelques traits communs entre La Tendresse et Henri, par exemple : un climat, une douceur, une bienveillance. On peut aussi rapprocher certains aspects de Puppy Love et de Baby Balloon. Mais à part ça, le cinéma belge s’affiche multiple et passionnant tant par ses thèmes que par ses partis pris, le profil des œuvres et leur tonalité.

 

Puppy Love, justement, est une autre des fort jolies surprises du festival. Non pas qu’on doutait intrinsèquement du talent de sa jeune réalisatrice Delphine Lehericey, mais le film a été tourné depuis assez longtemps et en général, les longues attentes ne sont jamais bon signe. Ce n’est heureusement pas le cas ici : ce que la scénariste nous promettait sur le papier est bien sur l’écran. Dans une version plus dynamique, plus frappante encore.

 

Puppy love, c’est l’histoire assez simple d’une adolescente qui s’éveille à l’âge adulte. Mais ici, c’est le contexte et le climat du film qui font la différence, sa sensibilité et… son impertinence.

 

 

Le film suit Diane (Solène Rigot), adolescente énigmatique et solitaire. Elle s’occupe de l’éducation de son petit frère, Marc, et entretient avec son père, Christian (Vincent Perez, très décontracté), une relation fusionnelle. L’apparition dans le quartier de Julia (Audrey Bastien), charismatique et affranchie, vient bouleverser le quotidien de Diane. Diane qui veut à tout prix s’arracher de l’enfance et va traverser le temps d’un semestre les expériences les plus bouleversantes de sa vie. Plus elle est proche de Julia, plus elle ignore la morale et n’envisage ni conséquence, ni limite à ses désirs.

 

De fait, Julia, bonne copine, mais manipulatrice, ouverte à toutes les tentations par bravade et curiosité, par résistance aussi à son contexte familial qui est moins sympathique que celui de Diane développe parfois des comportements qui sont à la limite de la perversité. Mais comme tout cela est envisagé avec un naturel et un aplomb confondants, on se laisse happer par cette liberté de ton et d’action.

La magie du film réside dans son naturalisme, et donc dans la prestation des deux jeunes actrices formidables. La présence de Solène Rigot ramène le cinéphile à 17 filles, autre film marquant de cette nouvelle génération de cinéastes féminines. Les deux longs métrages appartiennent indiscutablement à la même famille. Puppy Love est également un film très musical avec une bande originale tonitruante, composée et enregistrée par les Belges de Soldout.

 

 

On s’en voudrait aussi de ne pas citer les parents des adolescentes. La désinvolture de Vincent Perez face à la rigidité de Jan Hammenecker, bien castés et tous les deux fort convaincants. Et la prestation « très physique » d’un des jeunes comédiens belges qui monte : Thomas Coumans.

 

À l’instar d’un Mobile Home pour les trentenaires et de Baby Balloon (lire ici), Puppy Love est un film « générationnel ». Un film libre et impertinent qui parle de et à une génération. Celle des grands ados, en l’occurrence, en passe de quitter l’enfance. C’est tonique, c’est gonflé, c’est brillant.

 

Puppy Love vient d’être proposé au festival de San Sebastian. Cette sélection confirme le talent de la jeune réalisatrice dont le moyen-métrage expérimental Comme à Ostende (2007) avait été présenté au Festival de Locarno. En 2009, elle co-réalisait Les Arbitres, également présenté à Locarno. Son premier long métrage concourt à Namur pour le prix du premier long métrage et le prix Cinevox du meilleur film belge.

 

Bonus track :

Un témoignage à écouter pour vous convaincre qu’on n’est aps en plus délire, ICI. Deux critiques y expliquent que Puppy Love surclasse La vie d’Adèle sur des sujets non pas analogues, mais proches. Et on est 100% d’accord.

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