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Raoul Servais, artiste, inventeur, et Palme d’or

Diffusion imminente pour Raoul Servais, mémoire d’un artisan, documentaire de Bastien Martin consacré à la première Palme d’or du cinéma belge, cinéaste et inventeur de génie. 

 

Synopsis

Première Palme d’Or du cinéma belge, Lion d’Or à Venise, inventeur de la servaisgraphie… Raoul Servais a marqué de son empreinte le cinéma d’animation belge et mondial depuis plus de 50 ans. Aujourd’hui âgé de 89 ans, le cinéaste déborde d’énergie et de projets, tout en portant un regard lucide sur son parcours. En mélangeant archives inédites et extraits de films restaurés, Raoul Servais, mémoires d’un artisan raconte un demi-siècle de cinéma.

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Les origines

Raoul Servais né en 1928 à Ostende. Son enfant s’écoule, heureuse, dans cette grandiose ville victorienne. Raoul Servais se souvient de sa joie lorsqu’on lui offre ses premiers crayons de couleur, et de sa fascination lorsqu’il découvre les petits dessins animés de Felix le Chat. Mais cette félicité est brutalement interrompue par la guerre, qui le fait passer de l’opulence à la peur et la misère, et qui viendra hanter son oeuvre avec la régularité d’un métronome. Après la guerre, il intègre les Beaux-Arts de Gand, et sa spécialisation en peinture monumentale l’emmène dans les pas de René Magritte, qu’il accompagne, non sans heurts, lors de la réalisation de sa fresque géante, Le Domaine Enchanté, pour le casino de Knokke. Il réalise son premier film, Les Lumières du Port en 1953, avec l’aide financière et logistique de sa famille et de ses amis. Le film remporte le Grand Prix du Festival du Film Belge, lui confirmant ainsi que là est bien sa voie…

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Artiste et inventeur

Il enchaîne alors les oeuvres et les prix. Tout au long de son témoignage pourtant, c’est sa modestie qui ressort. « Je suis un cinéaste d’animation, ou un cinéaste tout court si vous voulez. » Lui qui tout au long de sa carrière, remit sans cesse en question son art, développant de nouvelles techniques (les éléments découpés de Fausse Note, l’hommage à la peinture expressionniste flamande dans Pegasus), jusqu’à l’invention de la servaisgraphie, « un système de trucage permettant d’une part l’incrustation de personnages filmés en vues réelles dans des décors de création graphique et, d’autre part, un système augmentant la qualité de ces décors », lors de la réalisation d’Harpya, court métrage qui lui valut sa Palme d’or. Il développa ensuite la technique avec son seul long métrage Taxandria, film devenu culte sorti en 1994, qu’il perfectionna pour l’amour de l’art dans Papillon de Nuit.

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planche « Papillons de Nuit »
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« Taxandria », 1994

Redevenir débutant

L’éternel jeune homme, qui chevauche son scooter à trois roues sur les routes de Flandres, que l’on voyait présenter sa Palme d’Or précieusement conservée dans La belge histoire du Festival de Cannes, et dont le film, Harpya, avait l’insigne honneur d’être à nouveau programmé cette année à l’occasion des 70 ans du Festival, se confie sur son « passage » au digital, qui le fait redevenir débutant, et s’en remettre avec curiosité et bienveillance à la maîtrise de ses assistants. Alors qu’il travaille encore aujourd’hui sur une série de films pour la télévision, il confie regretter néanmoins l’odeur et le toucher de ses vieilles feuilles de cellophane.

Diffusion

Raoul Servais, mémoires d’un artisan sera diffusé ce dimanche à 18h sur Arte Belgique, et jeudi 8 juin à 23h30 sur La Trois dans le cadre de l’émission Tout le Baz’Art.

 

 

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