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Retour sur… « Home Sweet Home » de Benoît Lamy

Home Sweet Home est une petite pépite enfouie dans la cinématographie belge des années 70, surprenante, drôle et tendrement subversive, une ode à une vieillesse flamboyante et contestataire, qui mérite mieux que l’infantilisation que notre société lui impose depuis des années. 

A Sainte Marguerite, les pensionnaires sont on ne peut plus dissipés ces derniers temps. D’autant que l’arrivée de la nouvelle ne passe pas inaperçue. A peine installée, elle remet déjà en question le règlement d’ordre intérieur. Et que dire de Jules, qui après avoir tenu tête à la directrice, et furieux d’avoir été privé de dessert, n’hésite pas à fuguer, entrainant avec lui des camarades de jeu… Résultat? C’est la pagaille à la cantine, et la bande débarque en ville pour y semer la terreur: ça se déplace en bande, et ça pique dans les magasins. Ca ricane et ça médit, ça s’esclaffe et ça se bagarre, ça picole et ça s’embrasse.

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Rien de plus classique pour un pensionnat me direz-vous, sauf qu’ici les internes n’ont pas 16 ans, mais 76 ans. Sainte Marguerite n’est pas une école secondaire, mais un home de personnes âgées. Avec cette farce grinçante et percutante sur la condition des vieux, Benoît Lamy, tout jeune réalisateur (26 ans en 1973), s’inscrit de plein pied dans une idéologie post-soixante-huitarde, tout en la pervertissant juste ce qu’il faut en inversant le paradigme en vogue à l’époque. Jules, Anna, et leurs co-pensionnaires n’en peuvent plus d’être infantilisés par l’encadrement du home et même leur famille. Ils ont passé l’âge d’être grondés et privés de dessert. Et ils sont prêts à tout pour faire valoir leur droit, jusqu’aux barricades. Dans Home Sweet Home, ce n’est pas la jeunesse qui se révolte, mais la vieillesse, offrant un hilarant miroir, comme si ces deux âges de la vie étaient deux faces d’une même pièce, faite de rébellion et d’insoumission.

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Home Sweet Home bouscule les idées reçues sur la vieillesse et la capacité à se révolter. C’est aussi une ode à une Belgique bilingue jusqu’au zinc de ses troquets, un condensé de culture populaire, servi avec enthousiasme par une pléiade de comédiens pour beaucoup amateurs, dénichés à l’occasion d’un casting sauvage dans les bars des Marolles. A la fois tendre et subversif, Home Sweet Home n’hésite pas à jouer la Brabançonne au cor de chasse, voire à l’envers.

Le film fait partie des 50 films retenus par le Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel à l’occasion de l’opération 50/50.

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Et pour finir, une interview de Benoît Lamy et sa comédienne Claude Jade, qui participe à l’occasion de la sortie du film en France à une émission de Danielle Gilbert, aux côtés de Jacques Dutronc. C’est cadeau. 

 

 

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