Alleluia, Le Tout Nouveau Testament, Veerle en Wim  : des Magritte très oecuméniques

Folie douce, humour débridé, les Magritte ne ressemblent finalement à rien d’autre et c’est très bien ainsi. Charlie Dupont qui descend du ciel, lance une fanfare et s’envole avec des ailes d’anges, le départ est tonitruant. Du coup, la scène est libre pour que Marie Gillain, Présidente de la Cérémonie vienne nous rappeler les petits bonheurs de la vie en Belgique et terminer sur un hommage émouvant (mais joyeux) à Chantal Akerman.

 

 

Après une introduction en forme de tornade de jeux de mots décalés. Les meilleurs espoirs belges sont récompensés. Sans surprise, Lucie Debay pour Melody et Benjamin Ramon pour Etre reçoivent leur statuette des mains d’un David Murgia déchaîné (euphémisme OK).

 

 

Après un premier prix remis au Tout Nouveau Testament (scénario), c’est Alleluia qui réalise un épastrouillant quadruplé technique : le Magritte de la meilleure photo pour Manu Dacosse (deuxième Magritte d’affilée), celui des meilleurs décors pour Emmanuel de Meulemeester, celui du meilleur montage pour Anne-Laure Guégan et celui du meilleur son pour Emmanuel de Boissieu, Frédéric Meert et Ludo Van Pachterbeke.

Les deux seuls prix techniques qui ont échappé à l’équipe de Fabrice Du Welz sont celui des meilleurs costumes attribué à Pascaline Chavanne pour La dame dans l’auto et celui de la meilleure musique remis à An Pierlé pour Le tout Nouveau Testament.

 

 

« Vous savez à quoi on reconnaît un Français ? C’est le seul qui vient chercher un César à Bruxelles ! »
Sincèrement ému, Vincent Lindon décroche un Magritte d’honneur mille fois mérité et conclut en précisant que ça fait très très longtemps qu’il n’a plus ri autant et vu une cérémonie aussi décontractée et sympathique. De quoi se faire aimer par tous les Belges jusqu’au bout du bout et au-delà.

Cette année, la cérémonie récompensait deux courts métrages : l’ours noir et Dernière porte au Sud,  Magritte du court métrage d’animation remis pour la première fois . Plus un documentaire, bien sûr : l’incontournable L’homme qui répare les femmes de Thierry Michel .

Phénomène de la fin d’année 2015, D’Ardennen est élu meilleur film flamand. ce ne sera pas la seule récompense pour le cinéma du Nord du pays.

 

 

À ce stade (chronologique), c’est donc Alleluia qui domine la soirée devant Le tout nouveau Testament. 4/2. Mais bien sûr une foule de prix importants sont encore à attribuer.

Une preuve ? Les premiers prix remis à Tous les chats sont gris, élu Meilleur Premier film et récompensé pour la prestation d’Anne Coesens, meilleur second rôle féminin.

Chez les messieurs, c’est (pour la deuxième fois) Laurent Capelluto qui émerge dans la discipline pour son rôle complexe dans L’enquête.

 

Le Magritte du meilleur réalisateur annonce souvent celui du meilleur film. En voyant Jaco van Dormael le recevoir des mains d’une Cécile de France très en forme et visiblement réconciliée avec la cérémonie, on se dit qu’effectivement, Le Tout nouveau Testament risque d’émerger dans la dernière ligne droite.

 

 

Surprise ? Peut-être mais elle est assez formidable. Wim Willaert après son Ensor pour Offline décroche un Magritte du meilleur acteur de l’année pour sa prestation désopilante dans Je suis mort mais j’ai des amis. Au nez et à la barbe quand même de Bouli Lanners, Jérémie Renier et François Damiens.

Un coup de tonnerre qui se répète en écho avec le Magritte de la meilleure actrice remis à Veerle Baetens qui ironise : « c’est la cérémonie des Ensors ici ? »

 

 

Petit intermède franco-humoristique, Dany Boon rejoint Kad Merad pour remettre le Magritte du meilleur film étranger en coproduction. Autre surprise au programme : Nexus Factory est récompensé pour La famille Bélier. Un film qui ne correspond sans doute pas complètement aux standards d’une cérémonie comme celle-ci mais les votants semblent avoir été conquis par sa simplicité et son abord totalement dépourvu de prétention.

 

 

Pour ponctuer la soirée, le Graal évidemment. Marie Gillain revient sur scène pour remettre le Magritte du meilleur film au Tout Nouveau Testament qui remporte donc quatre statuettes dans une soirée qui aura finalement été beaucoup plus équilibrée que prévu.

 

Et la fête du cinéma belge de se terminer dans une certaine euphorie pour la traditionnelle photo finale, un peu bordélique comme d’habitude, mais c’est aussi tout ce qu’on aime ici.

À l’année prochaine…

 

 

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