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… Jeanne Dandoy, Stephan Streker et Astrid Whettnall

L’actrice qui; malgré elle, fascinait Matthias Schoenaerts dans Rundskop, un des seuls critiques belges qui a réussi à transformer en images sa vision du cinéma et l’actrice qui monte à la vitesse grand V.

Leurs points communs ? Ces trois-là sont belges et nous parlent de 2013.

 


[Jeanne à droite avec sa soeur aux Magritte 2012 – Photo P.P.]

 

Jeanne Dandoy

Comédienne prisée sur les planches, Jeanne Dandoy a fait des débuts tonitruants au cinéma avec Rundskop. Et ensuite? Plus rien. Peut-on rassurer ici les réalisateurs et producteurs qui ne la connaîtraient pas? Non, Jeanne n’est pas une Liégeoise bourrine étourdie. Dans Rundskop, elle livre un grand rôle de com-po-si-tion. Si vous ne cernez pas son registre, allez la voir sur scène. Et faites lui une place dans un de vos prochains films…

 

En ce qui concerne le cinéma belge, (je vais commencer par le plus vaste, ne soyons pas ego-centrée), je le souhaite, puisque nous sommes dans les voeux de fin d’année, davantage ouvert et tourné vers de vraies expériences. Je crois que notre force se situe ailleurs que dans le copié-collé de ce qui se fait à l’étranger, bien ou mal. Il y a des aventures extrêmement singulières qui se sont menées ici… J’ai hâte qu’elles continuent, que d’autres naissent… Envie d’encore vibrer, m’émouvoir, être dérangée, sous le coup de films choc comme « A perdre la Raison », très certainement (et que les autres me pardonnent), le film qui m’a bousculée cette année… Le film nécessaire. Oui! Que l’on nous donne, encore, des œuvres nécessaires, primordiales, des œuvres qui nous aident à vivre à devenir des humains meilleurs, à construire une société plus belle, plus juste, plus drôle, plus sensible…

 

Là, j’ai l’air d’enfermer le cinéma dans le « carcan » film d’auteur, comme si c’était une tare infernale… Cela ne veut pas dire que je ne crois pas à un cinéma populaire belge, mais lequel? Et c’est un de mes autres souhaits: que le public d’ici aille voir les films d’ici, enfin (ou du moins le public francophone car je sais le public néerlandophone beaucoup plus curieux de ses propres productions!).

On peut évidemment se poser la question du travail à entreprendre pour lui donner ce goût-là, mais je ne pense pas qu’il s’agisse d’essayer de jouer dans la cour des « Français », que nous ne pouvons pas « concurrencer » sur « leur terrain ».

La question est donc : quelle est l’alternative, le chemin de traverse? Qu’est-ce qui nous rend uniques? Quelle est notre singularité? Le reste… Pacotille. On ne rivalise pas avec les feux d’artifice de Versailles avec le budget de la kermesse de Fléron… J’exagère, je le concède, mais c’est sans mépris pour un pays que j’aime profondément.

 

Ce qui amène un nouveau souhait… Que les deux parties du pays, car c’est comme cela que nous sommes amenés à parler, hélas, continuent à travailler ensemble. Je suis bien placée pour en savoir quelque chose, c’est de cette façon aussi que nous avons quelque chose à dire. Ensemble.

Et enfin, j’en arrive aux souhaits individuels.

 

En ce qui me concerne moi… hé bien, j’espère ne pas tout à fait être oubliée en tant qu’actrice… On ne peut pas dire que j’ai croulé sous les propositions cinématographiques après Rundskop, contrairement à ce que beaucoup ont pensé. Je n’ai rien tourné. Je suis très en manque de cinéma (en tant qu’actrice) et j’espère susciter le désir artistique chez les réalisateurs, de nouvelles aventures passionnantes qui me permettront d’explorer, peut-être, de nouvelles voies, de découvrir de nouvelles personnes ou de retrouver des artistes de talent, défis, petits ou grands… J’espère qu’ils et elles auront l’imagination de créer aussi des histoires qui ne comportent pas que des rôles de jeunes filles… ou de femmes âgées, puisque je ne suis ni l’une ni l’autre et qu’il semble que le cinéma soit avare d’entre deux. Très affamée de servir les oeuvres que je décris plus haut et qui verraient le jour, peut-être…

Et d’autre part, j’ai plusieurs projets de réalisation auxquels je souhaite m’atteler, et qui nécessitent encore un certain travail, en tout cas un scénario de court-métrage que je suis en train de terminer et que j’ai hâte de mettre en chantier… et… et… mille projets en tête, comme vous le lisez.

 

 

[Stephan Streker entre Astrid Whettnall – voir ci-dessous – et Fabrice Bénichou]

 

Stephan Streker

Pour son deuxième long métrage, à sortir en 2013, Stephan Streker frappe fort. Ce journaliste passé à la réalisation livre ici un magnifique film crépusculaire. Il y a du Melville chez lui. Et le Monde lui appartient.

 

J’attends surtout de l’année 2013 qu’elle me permette de découvrir des grands films. On a déjà connu pire début de millésime que celui qui s’annonce avec la sortie sur les grands écrans du nouveau PT Anderson, « The Master », du nouveau Quentin Tarantino, « Django Unchained » et du nouveau De Palma, « Passion ». Tout ça en janvier! Cela n’augure que du bon.

 

Mon plus grand projet personnel pour 2013 est double.

Il y a d’abord la sortie de mon film « Le monde nous appartient ». Quand on a la chance de réaliser un film, on espère pouvoir communiquer de la façon la plus belle, la plus élevée possible avec le plus possible de gens. J’espère en toute humilité partager des instants de conversation avec des personnes qui auront vu (et, je l’espère, aimé) mon film et pourront – qui sait? – éclairer mon travail d’un jour inédit pour moi. C’est tout ce qu’on peut me souhaiter.

Ma seconde ambition est de mettre un point final au scénario qui m’occupe (m’habite, me hante) depuis si longtemps: « L’anguille », futur projet cinématographique que j’espère mettre sur grand écran au plus vite. Il y a aussi un autre projet exogène et encore secret mais comme il est secret…

 

 

 

Astrid Whettnall

Elle est belle, élégante et sympathique. Elle tourne de plus en plus depuis plusieurs années, et pourtant, c’est à notre avis une des grandes révélations de 2012. Sa performance dans Au Nom du Fils de Vincent Lannoo est époustouflante. Qu’elle nous rende ici hommage nous emplit de joie.

 

Mon plus grand désir de cinéma, c’est que grâce à un certain Robin des Bois qui décoche clicks et flèches tout azimut, la fantastiquement belle énergie cinématographique de notre plat pays, plat certes mais fourmillant de nombreux pics et de sommets à l’intérieur, jaillisse pour briller de mille feux, voyage tout autour du monde.

Que le monde entier tombe amoureux du cinéma belge !

Vive le cinéma belge! Vive sa singularité! Vive sa richesse! Vive Cinevox!

 

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