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15 ans de cinéma en Wallonie? Une fête !

15 ans, ce n’est pas rien. 15 ans…

Quinze ans c’est la fougue de l’adolescence, la naissance d’une personnalité, l’envie de dévorer le monde.

Quinze ans, c’est aussi l’âge de Wallimage et, par extension, celui de l’âge d’or du cinéma en Wallonie.

 

 

Hier soir, au Forum de Liège bien garni pour l’occasion, le fonds wallon avait convié les principaux acteurs du cinéma de chez nous pour une grande soirée rétrospective, organisée en compagnie des deux des autres grands acteurs de ce développement du cinéma dans le sud du pays : le Clap, bureau d’accueil de tournages et le Twist, cluster d’entreprises wallonnes en perpétuel développement. En présence du ministre de tutelle de ces entreprises, Jean-Claude Marcourt et Paul-Emile Motard, député provincial, en charge de la culture.

 

 Jean-Claude Marcourt et Sylvain Goldberg – Photo Jean Meurice

 

Le constat d’abord : en quinze ans, suite au succès cannois de Rosetta, la Wallonie a développé une entreprise audiovisuelle peu présente jusqu’alors et permis à de très nombreux techniciens, réalisateurs, acteurs et producteurs de gagner convenablement leur vie sans devoir s’exiler à l’étranger. En France, surtout.

Le principe de territorialisation des dépenses, dynamisées dès 2003 par le Tax Shelter, a d’ailleurs fait des émules en Flandre (le VAF et le Screen Flanders) et à Bruxelles (le tout récent Screen Brussels). Ces aides s’ajoutant à celles de la Fédération Wallonie-Bruxelles (ses principaux responsables étaient présents hier), essentiellement basées sur des critères culturels et non pas économiques, offrent aujourd’hui un panel de propositions attrayantes pour les producteurs qui souhaitent tourner chez nous en exploitant au passage un patrimoine fort riche (et parfois méconnu). Alors qu’il y a quinze ans, les Belges s’exilaient pour faire des films, ce sont aujourd’hui les projets internationaux de plus en plus nombreux qui viennent chez nous.

 

Dans l’intimité des répétitions – Photo Jean Meurice

La fête ensuite. Surtout.

Pour fêter ces quinze ans de développement permanent, le gratin du cinéma belge s’était donc donné rendez-vous à Liège, dans la sublime salle du Forum qui sert de décor à la scène finale de Populaire, un film qui symbolise à lui seul la philosophie mise en place au début de ce siècle.

Alors que la scène est censée se dérouler à New-York, elle a été tournée à Liège avec des moyens belges (Panache et la Compagnie cinématographique ont coproduit), pas mal de techniciens belges et une actrice belge en tête d’affiche.

 

Philippe Reynaert, avec (notamment) Déborah François – Photo Jean Meurice

 

Après un premier extrait, coup de théâtre ! Le rideau/écran se lève et derrière, une jeune fille s’escrime sur une machine à écrire. Cette jeune fille, c’est Déborah François, héroïne de Populaire, donc, et maîtresse de cérémonie pour un soir, dans sa ville.
Une MC pleine de peps, joviale, drôle, qui a séduit tous les spectateurs (alors qu’elle a eu peu de temps pour se préparer) au point que tous à la fin se disaient que la demoiselle serait une hôtesse parfaite pour une prochaine cérémonie des Magritte, par exemple.

 

Photo Jean Meurice

 

Avec Philippe Reynaert qui a patiemment scénarisé la fête, la comédienne belge a animé toute la soirée, accueillant et interviewant les invités parmi lesquels les frères Dardenne venus parler de leur dernier film, mais aussi de leur filmographie, de leurs acteurs et du cinéma wallon au cœur de l’Europe.

 

 Arrivée de Costa-Gavras – Photo Jean Meurice

 

Autres invités prestigieux : Joachim Lafosse, Julie Gayet et Jean des Forêts  (coproducteurs de Grave avec Frakas), et le clou de la soirée Costa Gavras, lui-même. Venu avec son épouse, productrice fort connue en France, la légende du cinéma mondial a fait annuler une importante réunion de la Cinémathèque française pour être présent à la fête de la région qui l’a accueilli pour le Couperet, lui permettant de réaliser un film qu’il n’arrivait pas à monter en France. Un film, qui va aujourd’hui connaître un remake aux États-Unis qui sera peut-être en partie postproduit chez nous. C’est, en tous cas, ce qu’a annoncé Michèle Ray-Gavras sur la scène du Forum.

 

 Photo Jean Meurice

 

Au-delà de ces interviews, la soirée a été l’occasion de revoir des extraits de nombreux films (co)produits chez nous, mais aussi des archives exceptionnelles restaurées par la Sonuma, comme cette première Palme d’or des frères et le prix d’interprétation remis à Emilie Dequenne, en larmes, terriblement émouvante.

 

 Photo Jean Meurice

 

Comme toutes les chouettes fêtes, celle-ci s’est achevée en chanson avec un remake de la Maladie d’amour de Michel Sardou, revu et corrigé, chanté par un Sylvain Goldberg très en voix derrière son piano. Une occasion de rappeler qu’ici, on ne se prend jamais au sérieux et qu’on sait s’amuser en toute décontraction. On en reparle dans quinze ans ?

 

 Photo Jean Meurice

 

(La soirée a été filmée et fera l’objet d’une diffusion télévisée le 13 juillet sur la Trois, la fête sera suivie du Couperet de Costa-Gavras, symbole de l’attrait de la Wallonie sur les producteurs et réalisateurs étrangers)

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