3 questions à… Daniel Offermann

Photo @ Olivier Donnet

Rencontre avec le musicien belge Daniel Offermann, bassiste de Girls in Hawaii, et qui vient de signer la bande-originale de la toute nouvelle série de la RTBF, Coyotes. Il nous parle de cette expérience particulière.

Comment le cinéma et les séries sont entrés dans votre vie de musicien?

J’ai fait des études de communication, et j’ai très vite été intéressé par les rapports entre son et image. A l’époque d’ailleurs, Girls in Hawaii réunissait aussi un photographe et un graphiste. Le rapport à l’image a toujours été important pour nous dans nos projets musicaux.

Mais écrire pour l’image, c’est venu petit à petit. J’ai d’abord fait de la musique pour le théâtre, puis pour quelques courts métrages et c’est comme ça que j’ai pris goût à l’idée de pouvoir soutenir des histoires grâce à ma musique. C’est vraiment ça qui m’intéresse en fait. Comment la musique peut faire partie de la narration, y jouer un rôle pour nourrir ou contrecarrer des émotions? Et ça m’intéresse de plus en plus!

Aujourd’hui, je consomme beaucoup de séries, j’ai commencé de façon un peu bulimique avec The Wire, puis les Sopranos, les classiques quoi! Et c’est un gros sujet de conversation entre musiciens.

J’ai aussi l’impression qu’il y a de plus en plus le lieux de rencontres entre les musiciens et les cinéastes, d’occasions de se croiser. J’ai l’impression qu’il y a 10 ans encore, c’était deux milieux très séparés. Trouver quelqu’un pour réaliser un clip, c’était compliqué! Depuis, la Sabam notamment a mis en place des speed meetings entre musiciens et cinéastes, ce qui a permis de créer des ponts, c’est d’ailleurs comme ça que j’ai rencontré le producteur de Coyotes à l’époque.

Ecrire pour l’image, c’est un processus très particulier? Comment s’articule la relation entre le compositeur et les réalisateurs?

Ce qui est intéressant pour Coyotes justement, c’est que j’ai eu la chance d’être impliqué assez tôt dans le projet, ce qui a permis de participer à la création de l’univers de la série, ce qui arrive assez rarement finalement, on est rarement appelé avant le tournage. C’était une très belle expérience de travailler avec les deux réalisateurs en amont, on a réussi à trouver un vocabulaire commun pour parler musique et image. Et je pense qu’on a pu créer un univers propre à la série.

Ce qui est très important pour moi en premier lieu, c’est de comprendre ce que je peux apporter, et quel sera le rôle de la musique.

La deuxième phase, c’est établir une sorte de palette de couleurs en fait, trouver les sonorités, les instruments spécifiques. Souvent, je crée des playlists partagées avec les réalisateurs, pour créer au final une sorte de mood board, qui permet d’établir un canevas commun.

Comment définiriez-vous la musique de Coyotes, et comment avez-vous raccroché les thèmes aux différents éléments du récit?

Pour Coyotes, j’ai créé une dizaine de thèmes, qui je crois ont tous fini dans la série! On voulait des thèmes assez puissants, que l’on puisse fredonner, pas juste des « nappes » musicales. Et ces thèmes m’ont servi de point de repère tout au long de la création. C’est important d’avoir un cadre clair, qui serve de ligne de conduite.

On a établi des thèmes non pas tant pour chaque personnage, que pour des duos ou des groupes. Kevin et Marie ont leur thème, la troupe des Coyotes en a un quand ils partent à l’aventure. En fait on a surtout travaillé autour des émotions.

Je voulais une instrumentation organique, mais pas forcément acoustique. J’ai choisi des vieux synthés analogiques, une vraie batterie, des sons assez reconnaissables sans être liés pour autant à une époque de la musique. One ne joue pas sur la nostalgie, comme dans Stranger Things par exemple. On voulait une musique, organique, et même, un peu sale. Comme des scouts après 10 jours de camp (rires).

Pour découvrir Coyotes, rendez-vous sur Auvio. Les prochains épisodes seront diffusés le dimanche 23 et le dimanche 30 mai sur La Une.

 

 

 

 

 

 

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