Astrid Whettnall entre le Nord et Istanbul

De temps en temps, à force de voir des films belges, des séries, des comédiens sur les planches, un visage nous saute plus particulièrement aux yeux ; un talent plus frappant que les autres. Un diamant brut que le grand public n’a encore jamais vu, parfois.

 

Ce fut le cas d’Erika Sainte dans Elle ne pleure pas elle chante ou de David Murgia dans La Tête la première, de Pauline Brisy dès le court métrage Premiers pas, de Thomas Coumans dans chacune de ses courtes apparitions ou plus récemment dans le formidable court Tout va bien.

Ces talents deviennent alors des figures récurrentes de Cinevox parce que même si pour certains professionnels ce n’est pas encore évident, nous sommes certains que ceux-là au même titre que Benjamin Ramon, Achile Ridolfi, Thomas Doret ou Stéphanie Crayencour pour ne citer que quelques autres noms qui nous viennent immédiatement à l’esprit seront ceux qu’on s’arrachera demain.
Jusqu’ici, il faut le reconnaître, l’histoire ne nous a pas encore donné tort. Certains de nos coups de cœur ont mis un certain temps à s’imposer, malgré des Magritte concrétisant leur travail, certains bataillent encore, mais tous sont en chemin vers le haut de l’affiche. Erika Sainte et David Murgia ont même largement franchi le pas et sont aujourd’hui des valeurs sûres de notre cinéma.

 

 

Dans cette belle liste loin d’être exhaustive, nous avons sciemment oublié de citer Astrid Whettnall. Quand elle nous a sidérés dans Au nom du fils, nous avons été les premiers, je pense, à nous emballer sur sa composition époustouflante. Depuis, nous n’avons plus lâché notre os et nous la suivons pas à pas.

 

Astrid Whettnall, c’est la classe à l’état pur. Capable de porter un film aussi risqué que celui de Vincent Lannoo, elle traverse les oeuvres qui l’accueillent avec une grâce altière et un talent inné. Film après film, elle se glisse dans tous ses rôles, de plus en plus conséquents, avec l’élégance et la discrétion dont seules les meilleures actrices sont capables.

 

Récemment, on l’a vue dans Morrocan Gigolos, Être, la Confrérie des larmes, Marguerite ou Tous les chats sont gris pour des rôles courts qu’elle habitait à chaque fois jusqu’à les rendre incontournables. Cette année 2016 sera probablement pour elle celle du grand chambardement.
Ceux qui se sont enthousiasmés sur sa performance dans Au nom du fils ont aujourd’hui terminé de tourner les films ou séries pour lesquelles ils l’ont engagée et le résultat sera sur nos écrans très bientôt.

 

 

On a déjà signalé qu’Astrid tenait le rôle principal de La Route d’Istambul de Rachid Bouchareb. Coproduit par Scope Pictures avec Arte, ce film initialement tourné pour la télé sortira en salles chez nous. Comble du bonheur : il a carrément été sélectionné pour le prochain festival de Berlin. Comme vous, nous n’avons encore visionné que la bande-annonce du film, mais les avis qui nous reviennent au compte-gouttes sont dithyrambiques. Dans le rôle d’une mère déchirée qui découvre que sa fille est partie pour la Syrie, Astrid Whettnall est paraît-il déchirante. À vrai dire on a aucun mal à le croire. À ses côtés, deux autres actrices belges : la Montoise Pauline Burlet et Patricia Ide, par ailleurs directrice du théâtre Le Public. Grand chelem pour nos talents féminins, donc.

 

 

Mais avant Berlin, le public français va découvrir à la télévision Astrid Whettnall dans une nouvelle série produite et diffusée par Canal Plus.  Premier épisode ce lundi 8 février.

 

Les Barons noirs conte l’épopée politique et judiciaire de Philippe Rickwaert, député-maire du Nord, porté par une irrépressible soif de revanche sociale. Lors de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle, il voit son avenir s’effondrer lorsque son mentor, le candidat de gauche, le sacrifie pour sauver sa campagne. Déterminé à se réinventer une carrière, Rickwaert va utiliser élections et temps forts politiques pour s’imposer pas à pas contre celui qui l’a trahi, en s’appuyant sur une nouvelle alliance avec la plus proche conseillère de son ennemi. Un House of cards à la française, en quelque sorte.

 

Aux côtés de Kad Merad, Anna Mouglalis et Niels Arestrup, Astrid incarne Véronique Bosso, première adjointe de Philippe à la mairie de Dunkerque. Elle aussi cherche à prendre son indépendance. Sortir de l’ombre de Philippe suppose une détermination sans faille et une capacité à sacrifier vie de couple et vie de famille. Un sacré défi…

Notez que dans la distribution, on retrouve également Philippe Résimont et Erika Sainte, c’est vous dire si on est heureux.

 

 

Dans un premier temps la série ne sera diffusée qu’en France, mais elle sera vite disponible en DVD. Les débrouillards parviendront même sans aucun souci à visionner les épisodes très rapidement, on en est certain…

Le réalisateur de cette nouvelle série prometteuse est Ziad Doueiri, réalisateur libanais connu pour son film « L’Attentat ». Astrid nous a d’ailleurs confié que c’est lui qui l’avait conseillée à Rachid Bouchareb après l’avoir vue dans Au nom du fils.  Un visionnaire, cet homme…

 

Pour se mettre en appétit, voici la bande-annonce des Barons Noirs.

 

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