« Aya », Prix Cinevox du FIFF 2021!

C’est donc Aya, premier long métrage de Simon Coulibaly Gillard qui a remporté le 9e Prix Cinevox remis à l’occasion du 36e Festival International du Film Francophone de Namur. Le film bénéficiera notamment d’une semaine de programmation à l’UGC, grâce à ce prix décerné par trois de nos lecteur·ices!

Aya, Simon Coulibaly Gillard propose un coming of age à la fois classique et atypique, une histoire d’adolescence aux échos mystiques et océaniques, qui emprunte au documentaire sa méthode et à la fiction sa puissance. L’histoire d’un passage à l’âge adulte doublée d’une histoire d’exil. Un double mouvement de départ forcé plus que de fuite, d’arrachement plus que d’abandon, induisant une perte de repères et d’identité d’autant plus douloureuse.

Aya est née et a grandi sur l’île de Lahou, à une cinquantaine de kilomètres d’Abidjan. Elle y vit avec sa mère et son petit frère, au rythme de la mer, celui des vagues, qui bercent et qui effacent. Car la mer peu à peu grignote la terre. Sa plage disparait. De la ville qu’ont connue ses aînés ne restent que des miettes, tout juste un village, quelques bateaux de pêche, et un cimetière, dont on vide jour après jour les tombes.

Aya voudrait résister à cette lente érosion. Alors elle s’oublie dans son quotidien, fait de travaux et de jeux. Elle aide sa mère, prend soin de son frère, grimpe au cocotier, et rêve sur le sable. Elle ne rêve pas tant d’un ailleurs, que d’un autre temps, un avant joyeux et apaisé, où la mer était une alliée. Réfugiée dans l’enfance rieuse de ses jours à Lahou, Aya va pourtant devoir grandir, et quitter le monde de l’enfance, aussi littéralement que métaphoriquement.

Le jury Cinevox était composé Véronique Degbomont, François Detry et Jessica Martinez. Il a souligné son envie de partager la force et l’émotion du film, son incroyable élan et son souffle de vie, un film lumineux dans ses scènes de jour et de nuit, marqué par l’éclat des sourires, l’intensité des silences et des regards.