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Ben Stassen : « Séduire les enfants sans barber les parents! »

Rencontre avec le réalisateur et producteur belge Ben Stassen, dont le 9e long métrage, Bigfoot Family, la suite des aventures de Bigfoot Junior, sorti il y a 3 ans, et co-réalisé avec Jérémie Degruson, sort ce mercredi 5 août en Belgique. Une fois de plus, nWave et son maître d’oeuvre démontrent un savoir-faire impressionnant à l’échelle européenne et mondiale en termes d’animation 3D grand public.

Qu’est-ce qui vous a décidé à donner une suite à Bigfoot Junior?

Faire des suites, ce n’est pas évident. Nous ne sommes pas une si grosse société, tous nos collaborateurs travaillent sur tous nos films, et on peut craindre qu’ils ne se lassent de ré-animer les mêmes personnages, les mêmes environnements. On a donc dû amener plein de nouveautés!

Mais ce qui m’a vraiment donné envie de faire une suite, c’est qu’il s’agit en fait de mes personnages préférés parmi tous nos films. Il y a bien sûr Adam et Bigfoot, mais il y a aussi les personnages secondaires, notamment des animaux comme l’ours ou le raton-laveur, et je trouvais que l’on pouvait aller beaucoup plus loin avec ces personnages auxquels le public avaient vraiment accroché.

Par ailleurs, j’avais adoré travailler avec les scénaristes canadiens Bob Barlen et Cal Dunker, qui ont écrit le premier film, et je voulais remettre ça. J’ai imaginé l’histoire de ce nouvel opus, et on retrouve Bob et Cal au scénario.

Ce sont des personnages et une thématique qui permettent de toucher un public très large?

Oui, il y a un discours écologique engagé, adressé à tous. Un projet comme ça, ça met trois ans à se faire, et notre sujet a rencontré l’engagement des jeunes pour la défense du climat. On n’a pas cherché à surfer sur une vague, on s’y est retrouvé avec plaisir. J’espère que cela va plaire aux parents autant qu’aux jeunes, grâce à l’humour, à la maîtrise du relief, mais aussi aux grands espaces et aux décors que l’on a imaginés.

Il y a aussi de nombreuses courses poursuites à grand spectacle!

On a voulu proposer une grande variété de décors, des grands espaces glacés de l’Alaska aux espaces souterrains, puis à la rivière sauvage. On voulait beaucoup d’action, et amener de nouveaux personnages. Nous sommes partis sur les bases du premier film, et avons construit une suite avec plus d’ampleur, aussi bien au niveau des décors que de l’action ou des personnages. Il faut séduire les enfants, et ne pas barber les parents.

C’est une question d’équilibre entre les personnages pour les petits et les messages et clins d’oeil pour les grands…

Oui, on a fait attention à notre méchant par exemple. C’est un exploitant pétrolier, mais on voulait éviter d’en faire un stéréotype de texan bouseux, on en a plutôt fait un néo-gourou high tech, genre Steve Jobs ou Elon Musk, c’était plus amusant.

C’est aussi un film d’aventure, quels étaient les défis les plus durs à relever, notamment sur le plan technique et la 3D?

Nous avions déjà plus ou moins géré la plupart des défis dans d’autres films. Les animaux à poils, on en a eu notre dose entre Bigfoot Junior et Corgi, les grands décors, on en avait dans le premier. On avait déjà traité l’eau avec Samy… On n’avançait pas à l’aveugle, alors que pour notre prochain film, Chicken Hare, on va devoir relever un vrai nouveau défi, celui de représenter une grande foule, un millier de personnes. Quoiqu’il en soit, l’équipe a fait un travail extraordinaire. Il ne faut pas oublier qu’ici, on fait les films avec une centaine de personnes, alors que nos confrères américains font le même genre de films avec 500 personnes, et un autre genre de budget. On va chaque fois plus loin, et ça c’est une vraie réussite.

Quels sont vos prochains projets?

Notre prochain film, Chicken Hare, est en animation, on a déjà enregistré les voix à Los Angeles. On en a au moins jusqu’à fin 2021. On a un autre nouveau projet, mais au lieu de le lancer à l’automne comme on l’aurait fait d’habitude, on ne le lancera peut-être que début 2021.

Pour en revenir à Chicken Hare, c’est un très beau projet, développé par Sony Pictures, et que nous avons récupéré. C’est une sorte d’Indiana Jones animé en fait, avec beaucoup d’humour, et très sophistiqué, avec notamment de très nombreuses scènes de foule. Le partenariat avec Sony fait qu’ils ont une option de distribution aux Etats-Unis, ce qui nous ouvre de belles perspectives.

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