« Cavale », fugue adolescente au féminin pluriel

Avec Cavale, Virginie Gourmel revisite le thème de la fugue adolescente en suivant la course folle de trois jeunes filles en quête de sens. 

Kathy, une adolescente secrète et rebelle n’a qu’une idée en tête : fuir l’établissement psychiatrique dans lequel on l’a enfermée. Très vite elle s’en échappe pour retrouver son père, le seul à pouvoir la libérer de « cette prison ». Contre toute attente ses compagnes de chambrée, Nabila et Carole, aussi barges que loufoques, s’invitent dans cette fugue improvisée. Mais rien ne se passera comme prévu…

Après Stagman et Aïe, deux courts métrages aux univers fantastiques, Virginie Gourmel s’est associée à Micha Wald (Voleurs de Chevaux, Simon Konianski) qui signe le scénario, pour retracer l’itinéraire de Kathy, jeune fille fragile en perte de repères, qui cherche par tous les moyens à réécrire son histoire. Sur sa route, elle croise deux autres solitudes, Nabila et Carole, tout aussi paumées. Toutes trois se reposent l’une sur l’autre, mais quel soutien peuvent-elles bien espérer avec des appuis aussi bancals?

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Dans ses deux premiers films, Virginie Gourmel s’intéressait à des monstres dont la difformité était visible, un vampire et un homme-cerf, des personnages à la marge, différents, abîmés par la vie. Avec Cavale, elle opère un basculement dans le réel en mettant en scène des personnages dont la monstruosité est toute intérieure: des freaks, des jeunes un peu givrés, lourdement médicamentés, des adolescences agitées.

A l’hôpital, Kathy se rebelle, refuse les cachets, ne veut pas de cette « protection » décidée par le juge. Et les filles de s’interroger sur leur santé mentale. Qui est folle? Ne serait-ce pas ces cachets qui les abrutissent? Une fois les murs de l’hôpital franchis, le film se mue en road-movie. Un vrai parcours initiatique pour Kathy, Nabila et Carole. En mode « Famille je vous hais », les trois inséparables par la force des choses découvrent l’amitié, la trahison, les premiers émois, comme une adolescence en accéléré, jusqu’au glissement. Le trio se change en duo quand Kathy tombe croise le chemin de son petit frère…

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Cavale parvient le temps de quelques scènes gracieuses à incarner l’adolescence au féminin. En filmant le rapport au corps de trois jeunes filles prises dans un tourbillon moral et hormonal, qui tentent avec énergie et maladresse de trouver des réponses aux questions qui les taraudent, Virginie Gourmel propose un portrait à multiples facettes de cette période si éphémère, tout en questionnant notre rapport à la folie.

Le film, vécu du point de vue des adolescentes, est porté par trois jeunes actrices qui font leur première apparition à l’écran: Lisa Viance, Yamina Zaghouani et Noa Pellizari. A leurs côtés défilent des visages bien connus du cinéma belge: Pierre Nisse (nommé aux Magritte pour Laissez Bronzer les Cadavres, et vu dans D’un château l’autre, Grave, Je me tue à le dire), Cathy Grosjean (époustouflante récemment dans la pièce Taking Care of Baby, et aperçue dans La Trêve, La Religieuse, Pleure pas Germaine), Erika Sainte (nommée quant à elle aux Magritte pour Une part d’ombre, et héroïne des Rivières Pourpres), Jean-Louis Sbille (Chez Nous, Grave, Jacques a vu) ou encore Bérénice Baoo (nommée aux Magritte pour Tueurs).

A la lumière, on retrouve la jeune chef opératrice qui a le vent en poupe, Juliette Van Dormael (Une soeur, Mon ange, Remember Me, Jay parmi les homme), qui vient également de signer la lumière de La Frontière de Frédéric Fonteyne. Quand à la musique, qui rythment les saillies et les aventures des fugueurs, elle  est signée par Dan Klein du groupe les Vismets.
Cavale est produit par Artemis, et est montré en avant-première belge à l’occasion du Festival International du FIlm de Mons.

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