Un film belge en clôture de Cannes?

Surprise attendue et espérée par beaucoup, c’est finalement The Man who killed Don Quixote, le film déjà culte de Terry Gilliam, qui fera la clôture du Festival de Cannes. Et au générique du film, on retrouve… les producteurs belges d’Entre chien et loup! Avant même sa sortie et ses premières diffusions, le film bénéficie déjà d’une notoriété certaine, tant sa production fut compliquée.

L’incroyable parcours du film

Cela fait des années que Terry Gilliam, l’un des fondateurs des Monty Python, réalisateur de films vénérés par beaucoup (Brazil, Les Aventures du Baron de Munchausen, L’Armé des 12 singes, Las Vegas Parano), avait pour projet un peu fou de s’attaquer au roman des roman, le cultissime Don Quichotte de Cervantes, un univers totalement déjanté, onirique et débridé qui devait forcément faire écho à l’imaginaire en ébullition du cinéaste anglais. Mais le projet se révèle maudit. Après une première tentative à la fin des années 90, avec Johnny Depp, Vanessa Paradis, et Jean Rochefort dans le rôle du chevalier ibérique, le tournage est abandonné au bout de 15 jours car le comédien français, souffrant d’une hernie discale, ne peut poursuivre le travail. Ce n’est que 10 ans plus tard que Gilliam récupère les droits du scénario, et après moult péripéties, le film voit enfin le jour, et débute sa carrière en beauté sur La Croisette.

C’est finalement Jonathan Pryce qui incarne l’ingénieux hidalgo de la Mancha, tandis que le rôle de Sancho Panza (ou presque) échoit au génial Adam Driver.

Toby (Adam Driver, donc), un jeune réalisateur de pub cynique et désabusé, se retrouve pris au piège des folles illusions d’un vieux cordonnier espagnol convaincu d’être Don Quichotte. Embarqué dans une folle aventure de plus en plus surréaliste, Toby se retrouve confronté aux conséquences tragiques d’un film qu’il a réalisé au temps de sa jeunesse idéaliste: ce film d’étudiant adapté de Cervantès a changé pour toujours les rêves et les espoirs de tout un petit village espagnol. Toby saura-t-il se racheter et retrouver un peu d’humanité? Don Quichotte survivra-t-il à sa folie? Ou l’amour triomphera-t-il de tout?

Pourquoi le film est belge?

Don Quxote est un film d’envergure, qui a nécessité de conséquents moyens, et une coproduction internationale mêlant de nombreux pays. L’un des partenaires du projets est la société bruxelloise Entre chien et loup. C’est loin d’être la première fois que la société est partie prenante d’un film qui a les honneurs du Festival. Il y a deux, Entre chien et loup se distinguait en coproduisant le dernier film de Paul Verhoeven, Elle, dévoilé à Cannes, et dont on connait la carrière fulgurante. En 2013, la société coproduisait The Congress film d’animation du cinéaste israélien Ari Folman, également sélectionné à Cannes. En 2010, Un homme qui crie de Mahamat Saleh Haroun (Prix du Jury), en 2009 Ne Te retourne pas de Marina De Van, en 2006 La Raison du plus faible de Lucas Belvaux, en 2003 Mille Mois de Faouzi Bensaïdi. C’est donc une longue histoire qui unit le Festival et Entre Chien et loup.
Notons également que le film a reçu le soutien de Wallimage, et de Proximus. Et c’est une société basée dans le Brabant Wallon, L’Autre Compagnie, qui a signé une grande partie des effets spéciaux du film. Au vu de la bande-annonce, il s’agit donc d’un apport artistique majeur.

Les coproductions belges à Cannes

 En dehors des films majoritaires belges sélectionnés (pour rappel, Nos Batailles de Guillaume Senez à la Semaine de la Critique, Seule à mon mariage de Marta Bergman à l’ACID, Girl de Lukas Dhont à Un certain regard, mais aussi Ce magnifique gâteau ! d’Emma De Swaef et Marc James Roels et Our Song To War de  Juanita Onzaga à la Quinzaine des Réalisateurs), la présence de belles coproductions belges comme The Man Who Killed Don Quixote vient rappeler la vitalité du secteur audiovisuel belge, et son envergure internationale. Ainsi en compétition officielle on retrouve Les Filles du Soleil d’Eva Husson, coproduit par Gapbusters, Another Day of Life de Raúl de la Fuente et Damian Nenow coproduit par Walking the Dog en Sélection officielle, à Un certain regard, Les Chatouilles d’Andrea Bescond et Eric Métayer coproduit par Umedia. Umedia coproduit également Mandy de Panos Cosmatos, sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs, tout comme Weldi de Mohamed Ben Attia, coproduit par Les Films du Fleuve des frères Dardenne.
FillesDuSoleil
« Les Filles du Soleil » d’Eva Husson coproduit par Gapbusters

Les comédiens belges à Cannes

Profitons de ce récapitulatif pour revenir sur les nombreux talents belges qui seront présents au Festival dans toutes sortes de films. On retiendra ainsi la sélection Hors Compétition du Grand Bain de Gilles Lellouche, avec Benoît Poelvoorde, Virginie Efira, mais aussi Jonathan, Zaccaï et Erika Sainte, mais aussi le retour sur la Croisette après son rôle dans Happy End de Haneke l’année dernière pour la jeune Fantine Harduin, qui sera à l’affiche du nouveau film de Philippe Faucon, Amin, sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs. Notons également dans la même section la sélection de film de Guillaume Nicloux, Les Confins du monde, avec Kevin Janssens, et du film de Romain Gavras, Le Monde est à toi, avec François Damiens. On croisera enfin la comédienne belge Lubna Azabal dans Sofia de Meryem Benm’Barek sélectionné à Un certain regard, et Yassine Fadel dans Les Chatouilles, dans la même section.
PS: Gilles Lellouche nous offre un petit aperçu de l’art de la brasse version Poelvoorde

Car c’est aussi ça, un type à l’aise…Immense Benoit Poelvoorde #Le GrandBain

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