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« I Feel Good », farce jouissive sur les dérives du capitalisme

Yolande Moreau et Jean Dujardin incarnent une soeur et un frère que tout oppose dans I Feel Good, la nouvelle comédie socialo-caustique du duo déjanté formé par Gustave Kervern et Benoît Delépine.

Monique dirige avec passion et bienveillance une communauté Emmaüs, congrégation de gueules cassées et d’âmes abîmées par la dureté de la vie, et la cruauté du rouleau compresseur du capitalisme qui broie les plus faibles sur son passage. Monique, c’est Yolande Moreau, plus humaine que jamais. Malgré une empathie et une écoute à toutes épreuves, elle porte néanmoins ses contradictions. A commencer par ce frère improbable, héraut pathétique d’un capitalisme appris dans les bios des grands patrons. Et son altruisme est mis à mal par l’égocentrisme et l’égoïsme insensé de son petit frère, venu semer la zizanie dans sa communauté de marginaux cabossés mais résolument optimistes.

Evidemment, pour incarner la folie consumériste dans toute sa démesure, Kervern et Delépine se devaient concocter un personnage spectaculairement risible, et l’on connaît la tendresse de Jean Dujardin pour les bouffons, de Brice de Nice à OSS 117, qu’il excelle à interpréter. Il ajoute ainsi un nouveau couillon à sa collection de paumés flamboyants avec Jacques, loser en plein délire mégalomane persuadé qu’il est sur le point de réinventer le fil à couper le beurre. Car Jacques a eu une idée, géniale, et emblématique de sa bêtise crasse et cynique: il va aider les pauvres, forcément moches, à retrouver un emploi en leur vendant des forfaits low cost de chirurgie esthétique.

A mille lieux de cette entreprise loufoque, Monique, écartelée entre son amour pour son frère, ses propres failles narcissiques, sa tendresse et son engagement pour sa communauté, tente de ménager la chèvre et le chou, de faire le bonheur des uns ET des autres. Et de faire semblant de réconcilier deux visions du monde diamétralement opposées, pour aider son frère à surmonter ses lubies. Et d’insuffler, en passant, la vision d’une décroissance heureuse.

On notera également au passage la présence à l’écran du comédien belge Jean-Benoît Ugeux, dont la douce folie s’imbrique parfaitement dans l’univers loufoque des réalisateurs français.

I Feel Good, huitième long métrage de Kervern et Delépine, est sorti hier en Belgique. Quant à Yolande Moreau, toujours aussi juste, on la retrouvera en 2019 dans Les Estivants, le nouveau film de Valeria Bruni Tedeschi.

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