« In a Silent Way », dire la musique sans l’entendre…

Avec In a Silent Way, Gwenaël Breës livre une enquête intime et impossible, celle d’un mélomane qui réveille l’adolescent qui sommeille en lui pour partir sur les traces d’un disque qui a façonné sa vie et son imaginaire, Spirit of Eden, de Talk Talk. Seulement voilà, depuis plusieurs années, Mark Hollis, leader du groupe, semble comme évanoui dans la nature, et refuse que l’on parle de sa musique… et qu’on l’utilise dans le film. Le cinéaste se retrouve face à un pari audacieux: évoquer la musique de Talk Talk sans jamais la faire entendre. 

Gwenaël Breës a toujours en tête le disque qui a changé sa vie, qui a « nourri (ses) mondes intérieurs », Spirit of Eden, de Talk Talk. Comment ce groupe phare de la new wave a pu réinventer constamment sa musique, mené par son charismatique mais très opaque leader, Mark Hollis? Et surtout, comment parler d’une musique que l’on ne peut entendre, faute d’en avoir les droits? 

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« Ecrire sur la musique, c’est comme danser sur l’architecture » a dit Frank Zappa. Et la filmer? Avec In a Silent Way, Gwenaël Breës relève un brillant défi, celui de capter l’insaisissable, de transmettre quelque chose qui appartient au monde des sensations non pas en le partageant, mais en l’évoquant, faire ressentir la musique de Talk Talk sans jamais la faire entendre.

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Le film, lauréat du Prix du film sur l’art lors du dernier Brussels Art Film Festival, sort cette semaine en Belgique.

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