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Jean-Pierre et Luc Dardenne, Prix Lumière 2020

© Collection Institut Lumière

Les frères Dardenne ont reçu ce week-end à Lyon le prestigieux Prix Lumière, sorte de Prix Nobel du Cinéma, remis dans le cadre du Grand Lyon Film Festival, un prix inspiré de deux autres frères, les frères Lumière. Il s’agit des premiers cinéastes francophones à recevoir cette distinction, ils succèdent ainsi à Francis Ford Coppola, Jane Fonda, Wong Kar Waï, Catherine Deneuve, Martin Scorsese, Pedro Almodovar, Quentin Tarantino, Ken Loach, Gérard Depardieu, Milos Forman et Clint Eastwood 

« Metteurs en scène au style et à la précision incomparables, grands découvreurs d’acteurs, les frères Dardenne ont empreint le cinéma contemporain de leur regard puissant. Une poétique de la réalité poussée à son paroxysme, qui fait écho à leur origine de documentaristes. Célébrés sur la scène internationale et admirés de leurs pairs, ils sont lauréats de deux Palmes d’Or et de nombreux autres prix au Festival de Cannes. »

Outre l’exhaustive rétrospective qui a permis aux spectateurs lyonnais de revoir l’intégralité de l’oeuvre des cinéastes belges, inclus les nombreux documentaires réalisés entre 1978 et 1983, le public était également convié à une soirée exceptionnel, réunissant de prestigieux invités, avant la projection de la copie restaurée de Rosetta.

Le Prix Lumière a été créé par Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, dont on connaît la fidélité et l’admiration qu’il voue aux cinéastes belges. « C‘est l’un des plus beaux surgissements du cinéma contemporain. C’est une vision du monde, un style et une conviction. Un peu comme les Lumière d’ailleurs, dont ils sont, de ce point de vue, parmi les plus beaux descendants« , a-t-il confié à l’AFP.

Bertrand Tavernier, Président de l’Institut Lumière, a lui aussi témoigné de son enthousiasme, avec le sens de la formule qu’on lui connait: « Le cinéma fabrique des armes de construction massive et celles des frères Dardenne sont foudroyantes. C’est une immense joie que de décerner ce Prix Lumière aux frères Dardenne, c’est aussi une évidence dans l’époque que nous traversons. Avec passion, une constance qui fait penser à celle d’Orwell, une formidable empathie pour les éclopés, à l’écart des diktats de la mode ou du box-office, les films de Jean-Pierre et Luc Dardenne explorent la vie de ceux qui dégustent, victimes des crises, de la mondialisation, prisonniers de l’intolérance religieuse, de ces “misérables” sur lesquels s’étaient penché Hugo. Et qui résistent à leur manière, violemment, maladroitement, tendrement. Les deux frères cinéastes le font avec brio, avec talent, avec une attention à la morale des choses, nous faisant découvrir d’immenses acteurs et nous prouver que ce que l’on regarde, surtout si on le fait avec cette humanité, compte autant que le regard lui-même. »

Bertrand Tavernier, Président de l’Institut Lumière qui organise le festival

Se sont donc succédés sur scène, aux côtés des cinéastes, Emilie Dequenne, bien sûr, leur Rosetta, mais aussi le compositeur Gabriel Yared, les musicien·nes Jeanne Cherhal et Thomas Dutronc, leur fidèle photographe de plateau, Christine Plénus, ainsi que leurs producteur·rices et distributeur·rices.

« Ce Prix symbolise l’héritage des frères Lumière, ont déclaré Jean-Pierre et Luc Dardenne. Filmer la vie, son intensité, sa mobilité. Lorsque l’on filme Rosetta, on essaie de faire en sorte qu’elle soit vivante. »

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