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Le court métrage belge a enfin son « Agence » 

Le court métrage belge trouve une place – proportionnelle à la taille des écrans – à la télévision et dans de nombreux festivals nationaux, parfois au cœur de compétitions dédiées. Il secoue régulièrement les palmarès de manifestations internationales. Il a l’honneur d’un, et même de deux Magritte : un pour le meilleur court métrage de fiction, un pour le meilleur court métrage d’animation. Et il a aussi désormais son Agence !

 

 

La vitalité du format en Belgique est excellente, tant par la qualité que par la quantité de courts métrages réalisés : par an, ils sont deux fois plus nombreux qu’il y a une décennie ! A la fois acteurs et témoins de cette expansion, les six membres fondateurs de l’Agence belge du court métrage* partageaient régulièrement réflexions et constats sur le secteur. S’inspirant de ce qui existe chez nos voisins européens, ils ont souhaité développer le modèle d’une agence afin d’encadrer et de soutenir cette production mais aussi de défendre les intérêts de ses talents.

A l’arraché d’Emmanuelle Nicot

 

« Nous avions la conviction que, à côté de ce qui existait déjà – le travail de Wallonie Bruxelles Images, du Centre du cinéma –, il était important d’une part de proposer de nouveaux services de terrains aux producteurs, et d’autre part de regrouper, de fédérer autour du court métrage toute une profession qui a besoin de se structurer. » explique Pascal Hologne, cofondateur de l’Agence.

 

Créée début février 2016, mise en route durant les mois qui ont suivi, opérationnelle depuis septembre, l’Agence poursuit quatre axes d’action.

 

 Bowling Killers de Sébastien Petit

 

Inscription des films en festival. Ce service – le plus visible à l’heure actuelle – personne ne l’offrait en Belgique. Les tâches liées à l’inscription des courts métrages dans les festivals belges et internationaux incombaient généralement aux producteurs, souvent en manque de temps, parfois mal informés, et peinant a assurer le suivi des films terminés. A la fois mutualisé (contacts avec les programmateurs, inscriptions groupées, négociation des coûts…) et personnalisé (un troisième court d’animation ne pourra pas intéresser les mêmes festivals spécialisés qu’un premier film de fiction), ce service est payant. Décliné en plusieurs formules, il est accessible à tous les membres adhérents de l’agence.

 

Ventes (inter)nationales. Ce service d’intermédiaire entre acheteurs et ayants droits des courts métrages, personne non plus ne le proposait. Concrètement, l’Agence propose de façon proactive un catalogue diversifié de courts métrages belges récents à tous les médias susceptibles d’en diffuser : télévisions, plateformes VOD… Les films intégrant le catalogue de l’Agence sont déterminés par celle-ci. Elle gère ensuite, moyennant une commission de 25%, toutes les opérations liées à la vente de ces courts.

 

Diffusion de films et de programmes. En plus de ces actions concernant des courts métrages plutôt récents, l’Agence souhaite offrir une meilleure longévité aux films belges. Elle démarchera ou répondra notamment aux demandes de différents opérateurs culturels (médiathèques, écoles, salles d’art et essai…) en proposant films et programmes thématiques ou rétrospectifs.

 

Notamment en charge de l’opérationnalisation de ces services, Anne-Françoise Reynders, coordinatrice de l’Agence, dresse un premier bilan positif. « Actuellement, nous gérons 6 films en inscription et 8 en vente. En diffusion, nous travaillons avec une centaine de courts métrages. Nous avons déjà obtenu de bons résultats, tant au niveau des festivals que des contacts télé. »

 

 Cure d’Alice Khol

 

 

L’espoir de développer de nouveaux marchés et de nouveaux contrats pour le court métrage belge est donc réel au sein de l’Agence. Un enthousiasme et une ambition qui restent aussi nourris lorsqu’on évoque son quatrième axe travail : la mise en réseau. Sa volonté est de servir d’association professionnelle en fédérant les différents acteurs du court métrage.

 

Pascal Hologne : « Le court métrage est très souvent une « profession » de passage. C’est rare de voir un professionnel du cinéma y exercer son métier plus de 3, 4, 5 ans. Ce n’est donc pas un secteur défendu ni structuré. Il n’y a pas d’énergie mise en commun, pas d’histoire ou d’informations disponibles, pas d’archivage, pas de savoir-faire qui se transmet. Chacun réinvente toujours la roue dans son coin. Nous souhaitons créer un espace permanent d’échange et de débat démocratique autour du court. Un lieu de réflexion, de proposition, notamment vers certaines institutions publiques. Et il n’est pas indispensable d’avoir un film en particulier à défendre pour y trouver du sens. »

 

Toute personne active dans le secteur cinématographique souhaitant participer à la défense du format court et de la profession peut ainsi s’affilier à l’agence. De quoi bénéficier prochainement et entre autres d’un accès à une base de données pro réservée aux membres.

 

Des moments privilégiés de rencontre entre adhérents seront par ailleurs organisés pour donner chair à cette mise en réseau. Et comme le souligne Anne-Françoise Reynders, la spécificité est que celle-ci se veut « tous métiers du cinéma confondus ». Une dynamique complémentaire donc à celle des associations professionnelles par métier (Association des Réalisatrices et Réalisateurs de Films, Association des Scénaristes de l’Audiovisuel, Union des Producteurs Francophones de Films…) déjà existantes.

 

L’Agence belge du court métrage serait donc une affaire de professionnels ? Pas uniquement ! Car tout ce qui précède vise un objectif principal : mieux promouvoir et diffuser « notre » court métrage, dans toute sa diversité, à l’étranger mais aussi en Belgique. La rencontre entre ces films et les festivaliers, téléspectateurs, publics fréquentant les cinémas ou centres culturels… est la finalité de l’Agence. Si son travail se fera en grande partie en coulisses, il participera concrètement à développer les occasions pour le grand public de (re)découvrir des courts métrages belges.

 

Vous souhaitez en savoir plus et rencontrer l’équipe de l’Agence belge du court métrage ? Foncez à Flagey demain soir (mercredi 9 novembre) où elle organise son premier afterwork, annoncé « dangerous » et dansant.

Pour en savoir plus, cliquez ici

 

 

De 18 à 19h, une happy hour est réservée aux membres de l’agence.

Dès 19h, l’événement est ouvert à tous.

 

Le site de l’agence est ICI

* Maxime Feyers (producteur, comédien, scénariste, réalisateur), Nicolas Guiot (producteur, réalisateur), Pascal Hologne (cofondateur du Brussels Short Film Festival et du Be Film Festival), Céline Masset (cofondatrice du Brussels Short Film Festival et du Be Film Festival), Anthony Rey (producteur) et Samuel Tilman (producteur, documentariste, réalisateur).

 JM

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