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Le dernier Gaulois, docu-fiction historique et animé

Apator, chef gaulois, est épuisé après quarante jours de siège. Aux portes de la citadelle d’Alésia, il s’apprête à affronter la mort. Ses armées se préparent à charger contre les légions romaines qui les ont encerclées.

Comment Apator en est-il arrivé là ? Un an plus tôt, son peuple était encore l’allié, l’ami de Rome !

En suivant le parcours d’Apator et de son fils, Lug, chefs Eduens, Le Dernier Gaulois, prochainement diffusé sur France 2 et sur les chaînes de la RTBF nous fait revivre le destin de tout un peuple.

Entre rivalités, conflits familiaux, stratégies militaires et trahisons, l’histoire de famille croise la grande Histoire et ses héros: César et Vercingétorix.

 

Oubliée, fantasmée, mythifiée, la Gaule n’est pas celle qu’on imagine. Le réalisateur belge Samuel Tilman nous propose d’en découvrir son vrai visage en 90 minutes par le biais d’un ambitieux docu-fiction.

 

 

Ce projet est né du désir de porter un regard singulier sur une période majeure et pourtant méconnue de notre histoire : la guerre des Gaules et la bataille d’Alésia. Mêlant habilement animation et séquences documentaires, notre projet a pour ambition de recréer une représentation vivante et rigoureuse de la Gaule au milieu du Ier siècle avant J.-C.

 

Produit par Ekletik, coproduit par la RTBF et France 2 (via Program33), il s’agit du premier film tourné en motion-capture pour la télévision. Près d’une heure de fiction est ainsi animée grâce à cette technique de captation 3D, habituellement réservée aux grosses productions de cinéma américaines (“Les Aventures de Tintin” de Spielberg, “Le Seigneur des Anneaux” de Jackson ou encore “Avatar” de Cameron) ou françaises (“Pourquoi j’ai pas mangé mon père” de Debbouze).

 

« Ce film se situe à la croisée de mes préoccupations d’auteur et mes expériences comme réalisateur », explique le réalisateur belge Samuel Tilman.  « Dans mes travaux précédents, je me suis beaucoup intéressé à l’Afrique et à la colonisation. Les racines de la domination culturelle et économique ont été un fil rouge dans l’ensemble de mes documentaires. Je retrouve, dans l’histoire du monde gallo-romain, les germes d’une même domination conquérante.

Comme l’histoire ne retient généralement que le point de vue des vainqueurs, le cinéma doit pouvoir contourner l’obstacle en proposant un regard neuf. Grâce à l’évolution récente de l’historiographie, notre jugement sur la Gaule est en train d’être complètement revisité : on sait aujourd’hui que les Gaulois sont parvenus à construire une civilisation beaucoup plus complexe que ce que les Romains ont voulu nous faire croire. C’est à la recherche de cette civilisation fascinante que je me suis lancé dans ce film. »

 

 

 

L’originalité du film tient à sa narration : l’histoire nous est racontée par un vieux chef gaulois qui nous emmène au cœur même de la bataille d’Alésia. L’histoire intime et subjective est certainement le meilleur moyen de transmettre au plus grand nombre la réalité de notre histoire collective. Cette immersion dans le réel, cette plongée dans le passé est consolidée par une narration de Clovis Cornillac, qui retrace le contexte social, économique, culturel, diplomatique de l’époque.

L’évocation de ce monde oublié est rendue possible par la magie de l’animation fort utile dans ce domaine de la reconstitution historique: elle crée une nouvelle convention de narration, à la fois suggestive, mais aussi rigoureuse et documentée.

 

 

« Pour évoquer ce thème, j’ai opté pour la forme du docu-fiction », précise le réalisateur. « J’avais déjà abordé le genre dans mes deux documentaires précédents, Kongo et Black Heart White Men, et j’y avais trouvé une forme de narration fluide offrant une belle liberté formelle.

Les Gaulois ont bâti une civilisation qui ne cherchait pas à laisser de traces. Elle repose sur la transmission orale et nous n’avons trouvé aucun écrit gaulois. Les Gaulois n’ont jamais bâti de constructions « en dur » susceptibles de résister au temps : l’architecture, les sculptures sont en bois et il n’en reste que peu de vestiges aujourd’hui.

Nous avons donc dû reconstituer cette époque ex-nihilo. C’est l’énorme progrès de l’archéologie récente qui nous a permis de refaire vivre cette période et ce territoire méconnus.

L’animation s’est imposée d’emblée. Elle me paraissait plus appropriée que la reconstitution en décors réels : d’une part elle me permettait d’assumer clairement le code de la reconstitution par une forme stylisée. D’autre part, elle comporte au moins trois avantages sur la reconstitution classique. Elle évite le côté kitsch du film en costume. Elle permet d’éviter l’écueil de l’anachronisme pur. Elle offre une forme contemporaine de réalisme qui tranche avec une vision idéalisée ou stéréotypée du passé.

Pour nourrir les reconstitutions en animation, nous bénéficions de toutes les avancées de l’archéologie expérimentale. Grâce à elle, les habitudes des habitants de la Gaule peuvent aujourd’hui être reproduites. De nombreuses maisons gauloises ont d’ailleurs été reconstruites et certains sites de batailles ont été reconstitués.

Nous avons filmé ces lieux et gestes en Bourgogne, en Auvergne et dans le Nord de la France. Ces images in situ offrent des « ponts formels » entre animation et évocations documentaires : le spectateur peut ainsi se rendre compte que tout ce qui est évoqué dans la fiction est rigoureusement documenté. »

 

 

Le choix de la motion-capture, qui reproduit à l’identique le réalisme des gestes des comédiens, ainsi que la capture des mouvements oculaires par des microcaméras attachées devant les yeux des comédiens, permettent d’humaniser nos personnages dans un rendu surprenant, à mi-chemin entre naturalisme et évocation.

L’imagerie gauloise est ainsi transformée, modernisée, tandis que nos héros ne sont plus tellement éloignés de nous. Ils sont incarnés à la voix et à l’écran par des comédiens français et belges, dont plusieurs ont déjà travaillé avec Samuel par le passé: Marcel Gonzalez, Alain Eloy, Myriem Akheddiou.

 

 

« L’expérience en motion-capture a été pour moi source d’étonnement et de fascination de bout en bout. A chaque étape, une dimension de réalité supplémentaire se rajoutait, jusqu’à l’émergence d’un véritable univers, explique encore Samuel Timan.

« Nous avons d’abord « boardé » le film : nous l’avons découpé en plans et monté sur base de dessins. Ce premier montage nous a permis de définir les contraintes du tournage motioncapture : minutage des séquences à capturer, nombre de décors à reconstituer, nombre de figurants dans chaque séquence, etc. Le tournage en « mocap » est assez contraignant le plateau est exigu (pour faciliter le travail des dix caméras qui encerclent l’aire de jeu), les contacts corporels entre comédiens sont limités (parce qu’ils compliquent ultérieurement le travail des animateurs), trois comédiens jouent par prise (parce que le nombre de données traitées par les ordinateurs est limité), etc.

Après tournage, nous recevons des silhouettes « mouvantes », recomposées à partir de nuages de points (chaque point étant un marqueur attaché sur les corps des comédiens).

Nous plaçons alors les caméras et définissons les cadres, sur base de ces mouvements capturés et des story-boards dessinés. Ce montage « à l’aveugle » (il n’y a pas encore de regards sur les silhouettes, ni d’intentions faciales) m’a appris une chose : le corps, les mouvements des comédiens sont remplis d’humanité, et on peut y lire la justesse de leurs intentions.

Chaque étape supplémentaire rajoute une dimension, de la chair au montage: les yeux et les animations faciales terminent d’humaniser nos personnages. Les sources de lumière créent l’atmosphère. Les finitions des décors parachèvent le réalisme.

L’ensemble de ces phases d’habillage aura duré une année entière. Ce travail de longue haleine m’a appris la patience. Il m’a contraint à ma familiariser avec toutes les facettes de la conception d’un film (j’ai dû « construire » des villages entiers, habiller mes personnages, choisir la « météo » de mes séquences, bref assumer un petit côté «démiurge» auquel je n’étais pas familier). Grâce à cette expérience inédite, je ne travaillerai plus jamais de la même manière sur mes prochains projets. »

 

 

Samuel Tilman dont on reparlera abondamment en 2016 est réalisateur, metteur en scène et producteur. Il a mené à bien un doctorat en histoire (Oxford, ULB) et quelques mises en scène pour le théâtre, avant de s’orienter vers le cinéma.

Magritte 2011 du meilleur court-métrage avec Nuit Blanche, il est aussi réalisateur et auteur de la série documentaire à succès Kongo (+ d’1,1 million de spectateurs cumulés en Belgique et vendue dans une vingtaine de pays).

Co-scénariste et producteur de Ca Rend Heureux, le premier film de Joachim Lafosse, Samuel a produit en dix ans une quarantaine de films (dont Mobile-Home de François Pirot).

Depuis quatre ans, il écrit et met en scène la cérémonie des Magritte du cinéma (avec Fabrizio Rongione puis Charlie Dupont et Thomas Gunzig – BeTV, RTBF, TV5). Il tournera son premier long-métrage de fiction, Une Part d’Ombre au printemps 2016.

 Diffusions en Belgique

Lundi 21 Décembre à 21h05 sur La Trois
Dimanche 27 Décembre à 16h35 sur La Une

Diffusion en France
Mardi 29 Décembre à 20h55 sur France 2
Suivi du making-of du film « Le dernier Gaulois, un autre regard » à 22h25

 

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