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« Le Milieu de l’horizon » lauréat des Prix du Cinéma suisse

Cinéma suisse? La réalisatrice suisso-belge Delphine Lehericey installée à Bruxelles vient de remporter les Prix du Meilleur film et du Meilleur scénario pour son dernier film, Le Milieu de l’Horizon, découvert à l’automne dernier au Festival de Namur, et dont la sortie est pour l’instant prévue au mois de juin.

La Cérémonie des Prix du cinéma suisse, qui aurait dû avoir lieu le 27 mars prochain, a donc été annulée, crise sanitaire oblige, mais la Filmakademie suisse vient d’annoncer les résultats de cette édition. A cette occasion, Le Milieu de l’horizon a donc reçu 2 des 11 prix en lice, le Prix suprême, celui du Meilleur film, ainsi que celui du Meilleur scénario, attribué à la scénariste Joanne Giger, pour cette adaptation du roman éponyme de Roland Buti.

Le Milieu de l’horizon dresse le parcours initiatique d’un jeune garçon qui va s’émanciper en voyant sa mère et les femmes qui l’entourent revendiquer leur liberté envers et contre tous.

1976. Un été de fournaise et de sécheresse dans toute l’Europe. Dans la modeste ferme familiale, Gus, jeune garçon de 13 ans, sent bien que la chaleur n’affecte pas seulement les animaux ou les champs, mais vient aussi perturber le comportement des adultes qui l’entourent. En quelques mois, il aura définitivement laissé derrière lui l’innocence de l’enfance.

C’est un double mouvement qui se déploie au fil de ces quelques semaines qui vont changer la vie de Gus. D’un côté, son père (impressionnant Thibaut Evrard) voit son monde s’effondrer. Un monde rural, encore lié viscéralement à la terre, qui voit le spectre du profit et du capitalisme planer sur ses champs et ses étables. Le paysan, sommé de rattraper le train de la modernité, s’est lancé dans un élevage intensif (pour l’époque) de poules, qui va précipiter sa chute, et symboliser la dangereuse déconnexion de l’homme et la nature. Le milieu paysan, un milieu d’hommes, perd peu à peu ses repères. Les hommes d’ailleurs sont aux abois dans le film, cherchent leurs marques alors que tout ce qu’on leur a appris de leur place dans la société et de leurs rapports aux autres, et en particulier aux femmes, semble voler en éclats.

Les femmes justement sont quant à elles bien décidées à reprendre leur liberté sensuelle et intellectuelle, physique et politique. Peinant à s’épanouir dans cette ruralité en danger, lasse d’apporter les plats à table et de taire ses sentiments les plus profonds, la mère de Gus (bouleversante Laetitia Casta) observe avec une admiration qui va se muer en adoration le vent de liberté qui souffle sur la vie de son amie Cécile (Clémence Poesy, tout en retenue). De leurs côtés, la grande soeur de Gus et sa meilleure amie ne comptent pas s’en laisser compter et prennent leur destin en main.

On espère voir bientôt le film sur les grands écrans…

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