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Les compositeurs belges trouvent la note trop légère

Un film, c’est un scénario, un réalisateur, un producteur, des acteurs, de multiples techniciens qui interviennent sur le plateau et au-delà, en postproduction. Mais à part pour quelques cinéastes (on pense bien sûr aux frères Dardenne), c’est aussi de la musique qui est là pour exacerber les émotions, faire naître les tensions.

Une bonne bande-originale peut globalement intervenir pour 20, 30 ou 40% dans l’impact d’un film. Et pourtant, en termes de budget, ce poste ne représente souvent… qu’un tout petit pourcent.

 

Étonnant ? Oui, c’est vrai. Affolant ? Sans doute.

 

Que serait pourtant un film de ce bon vieil Alfred sans une partition de Bernard Herrman (photo ci-desdous) ? Une fantaisie baroque de Tim sans les notes tendues de Danny Elfman ? Une tragi-comédie de Federico sans les compositions de Nino Rota ?

 

Sur un film belge moyen dont on situera le budget à deux millions d’euros (on ne parle ni de Nous Quatre, ni du Tout nouveau testament, nichés aux deux bouts du spectre économique), ce poste ne représente donc que 20.000 euros, composition, enregistrement et production exécutive compris. Comparé aux autres postes c’est assez étriqué. Et encore, souvent, comme le compositeur arrive en fin de parcours c’est pour s’entendre dire : « comprends-nous, on a épuisé le budget… »

 

 

Depuis 15 ans, les aides régionales et le Tax Shelter (depuis 13) dynamisent le cinéma belge. La réforme récente de la loi encadrant ce dernier a provoqué un afflux financier tel que le législateur a décidé d’élargir son utilisation aux arts de la scène. Malgré cela, remarquent les compositeurs, la musique au cinéma, à la télévision ou au théâtre est largement sous-financée.

 

Pas étonnant donc qu’une association des compositeurs belges ait vu le jour et que son quota de membres soit en expansion rapide. Comme les scénaristes regroupés et solidaires (nous en reparlerons prochainement) pour revendiquer leur place indéniable (mais sous-estimée) dans le cinéma, surtout chez nous, les compositeurs semblent penser que l’union fait la force, même dans des métiers où l’individualisme primait jusqu’ici. La création d’une structure comme General score (lire ici) semblait déjà indiquer un infléchissement de la norme. L’AFCI est une étape supplémentaire.

L’association belge francophone des compositeurs pour l’image (AFCI.be) aura donc pour objet de :

– Faire connaître les spécificités et les attributs d’une profession essentielle à l’écriture cinématographique et audiovisuelle.

– Mener des actions visant à la revalorisation des budgets des musiques de film, et ce auprès des producteurs, des pouvoirs publics et des organismes de financement.

– Organiser des rencontres locales et internationales ainsi que participer aux manifestations majeures du cinéma belge et international.

– Apporter à ses membres un espace d’échange et de partage d’expérience et d’information.

 

Festival de Gand / World Soundtrack Awards 2015

 

Sont acceptées dans l’association toutes personnes physiques ou morales dont l’activité professionnelle comprend la création, la production ou la diffusion de musique pour l’image ou toutes personnes morales dont l’activité favorise cette création, production ou diffusion.

Si vous jonglez avec les partitions, si l’initiative vous intéresse, un petit mail à info@afci.be devrait vous ouvrir de nouveaux horizons. Vous connaissez la musique, non ?

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