L’irrésistible ascension de Thierry Michel

Thierry Michel est un des documentaristes belges les plus connus… et les plus actifs. Son terrain de prédilection est l’Afrique Centrale et plus précisément de la République démocratique du Congo. Mais il a aussi voyagé à travers le monde : du Brésil à l’Iran en passant par la Wallonie et l’Afrique. Pour en savoir un peu plus, n’hésitez pas à lire cet article.

 

Après l’Affaire Chebeya qui a provoqué de gros remous à l’intérieur du pays et à l’international, Thierry Michel revient sur deux axes. Il propose d’abord son nouveau film, L’Irrésistible Ascension de Moise Katumbi. Il est ensuite, chose beaucoup plus rare, la vedette de L’Homme de sable que lui consacre l’excellent José-Luis Peñafuerte, Magritte 2011 du meilleur documentaire pour Les Chemins de la Mémoire. Ce film de la série Cinéastes d’aujourd’hui sera projeté pour la première fois le jeudi 2 mai à 20h au Bozar.

 

 

Après « Katanga Business » où Moise Katumbi était l’un des hommes-clé d’une parabole sur la mondialisation, Thierry Michel  a voulu consacrer un film à ce seul personnage : L’Irrésistible Ascension de Moise Katumbi.

 

Pour le réalisateur-baroudeur, Moïse Katumbi symbolise une nouvelle génération prête à prendre en main la direction politique du destin des grands pays africains. Il fait partie, comme d’autres, de ces leaders politiques qui viennent du monde des affaires et qui jouissent de fortunes impressionnantes.  Paradoxalement pour des Européens, c’est leur fortune qui génère leur popularité, non seulement en termes de marketing électoral, mais aussi en termes de crédibilité ; beaucoup ont cette conviction que celui qui arrive riche à la tête d’une province ou d’un État n’a donc plus besoin de siphonner les caisses publiques pour assurer son enrichissement et une retraite dorée.

 

Selon Thierry Michel, Moïse Katumbi est une sorte de Berlusconi africain, un communicateur exceptionnel, un homme au charisme et à la séduction incontestable. Sa culture métissée lui permet de jouer sur deux tableaux, celui de l’âme africaine et celui des intérêts occidentaux.

Le spectateur se retrouve en tous cas devant un des leaders de la République démocratique du Congo, qui pourrait devenir président de cet immense pays africain, qui depuis les indépendances a connu beaucoup de tragédies et quelques rendez-vous manqués avec l’Histoire.

 

Personnage éminemment cinématographique, Moïse Katumbi permet de prolonger la réflexion sur le pouvoir, son alchimie, ses stratagèmes; une réflexion commencée par Thierry Michel voici une décennie avec Mobutu, Roi du Zaïre.

 

Mais à la différence de ce film, construit comme un puzzle à partir de ces centaines d’heures d’archives visionnées de par le monde et des témoignages des différents cercles concentriques des proches autour du président, dans le cas de Moïse Katumbi, c’est son ascension et sa conquête du pouvoir que Thierry Michel a suivi durant plus de 6 ans.

 

 

Au four et au moulin, Thierry Michel sera donc aussi sur les écrans, devant la caméra de José-Luis Peñafuerte. L’Homme de Sable qui embrassera en 1h30 la longue carrière du réalisateur nous montrera un citoyen du monde qui forge sa curiosité et son goût d’ailleurs… sur ses racines profondes. En terres carolos.
Derrière les films-choc que tous les cinéphiles connaissent, José-Luis, avec l’aide de Luc Jabon qui coscénarise toute cette collection Cinéastes d’aujourd’hui, a tenté de révéler l’homme, aux multiples engagements, toujours prêts à monter au créneau.

 

 

Le film sera proposé cinq fois en Belgique dans les semaines à venir: ce lundi 15 à 20h au Bozar (Bruxelles), mardi 16 au Parc à Liège (20h), jeudi 18 à 20h au Plaza Art montois, dimanche 21 avril à Bruges au cinéma Lumière dans le cadre du Festival Mooov (attention ! C’est à 11h) et enfin mardi 23 au Parc de Charleroi à 20h30. « À domicile », donc.

 

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