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Magritte 2019: faites vos jeux!

Les Magritte du Cinéma 2019, c’est déjà samedi! Une pléiade de talents du cinéma belge et du cinéma international sont attendus sur les marches bleues du Square pour cette soirée évènement, qui fera des heureux et quelques déçus. Seule certitude à ce stade? L’animation sera à l’honneur grâce à la Présidence confiée à Patar & Aubier, et au Magritte d’honneur remis à Raoul Servais. Quant au tout nouveau Maître Cérémonie, Alex Vizorek, il devrait endosser le costume avec le style et l’esprit qu’on lui connaît… L’édition 2018 avait couronné avec insistance Insyriated, 6 fois primé, qu’en sera-t-il de celle-ci? Petit tour d’horizon des forces en présence…

Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur scénario

Cinq films sont cette année en lice pour le Magritte du Meilleur film. Si rien n’est évidemment jamais acquis, la compétition semble particulièrement serrée cette année, puisque 3 films comptent un nombre similaire de nominations, Tueurs de François Troukens et Jean-François Hensgens (9 nominations), Laissez bronzer les cadavres d’Hélène Cattet et Bruno Forzani (8 nominations) et Nos batailles de Guillaume Senez (7 nominations).

« Tueurs » de François Troukens et Jean-François Hensgens

Ces films largement sollicités allient performances techniques et artistiques, et seront au coeur de toutes les attentions. Mais les deux autres films en lice présentent des profils de challengers intéressants. Bitter Flowers d’Olivier Meys, sorti discrètement au printemps dernier, a su impressionner les membres votants de l’Académie André Delvaux au point de se qualifier dans les trois catégories les plus en vue pour les longs métrages (Meilleur film, Meilleure réalisation, Meilleur scénario), mais aussi dans la catégorie Meilleur premier film, fait notable.

« Bitter Flowers » d’Olivier Meys

Quant à Mon ket, premier film également, il se distingue par le pedigree de son réalisateur. Il s’agit en effet de la première réalisateur du comédien François Damiens, qui relève le pari osé de transposer sur grand écran le dispositif de caméras cachées qui a fait son succès avec François l’Embrouille. Alors vers qui penchera le coeur des votants? Réponse samedi!

« Mon ket » de François Damiens

Côté réalisation, on est face à 4 premières nominations. Si Cattet & Forzani ont déjà connu les honneurs des Magritte pour leurs films précédents, Amer et L’Etrange Couleur des larmes de ton corps, ils n’avaient encore jamais concouru dans cette catégorie. L’occasion pour la profession de saluer une oeuvre singulière qui s’enrichit et fait sens à chaque nouvel opus?

« Laissez bronzer les cadavres » d’Hélène Cattet et Bruno Forzani

Quant à Guillaume Senez, lauréat en 2017 du Magritte du Meilleur premier film (face à une concurrence ardue puisqu’il faisait face à Parasol de Valéry Rosier et Je me tue à le dire de Xavier Seron), il a confirmé avec Nos Batailles tous les espoirs placés en lui avec Keeper. Le film, sélectionné à la Semaine de la Critique à Cannes les festivals, et a remporté un beau succès à l’automne dernier lors de sa sortie en France et en Belgique.

« Nos batailles » de Guillaume Senez

Face à eux, trois « primo-réalisateurs », dans deux genres radicalement opposés. Olivier Meys livre une drame pudique et intimiste avec Bitter Flowers, tandis que François Troukens et Jean-François Hensgens livrent une relecture 100% belge et diablement efficace du film de gangsters. Là encore, bien malin celui ou celle qui mettrait sa main au feu…

On notera que si les réalisatrices ne sont pas présentes en force cette année aux Magritte contrairement à l’année dernière  – c’est un euphémisme, entre octobre 2017 et octobre 2018, seuls trois longs métrages de fiction réalisés par des femmes sont sortis en salle -, les productrices sont bien présentes, avec Valérie Bournonville, qui produit avec Joseph Rouschop pour Tarantula Bitter Flowers, Eve Commenge qui produit pour Anonyme Films Laissez bronzer les cadavres, et Isabelle Truc qui produit Nos batailles pour Iota Production.

Elles sont également très présentes dans les autres catégories, notamment Marie Besson, productrice d’Une part d’ombre (Eklektik), nommée pour le Magritte du meilleur premier film, Annabella Nezri, nommée pour le Magritte du Meilleur court métrage d’animation avec La Bague au doigt, ou encore Hanne Phlypo (Clin d’oeil Films) ou Genevièce De Bauw (Thank you and Goodnight) nommées pour le Meilleur documentaire.

Actrices, acteurs…

Chez ces dames, on assiste à un affrontement serré entre quatre comédiennes incontournables du cinéma belge francophone, qui ont déjà largement fait leurs preuves, dont certaines aux Magritte. Rare dans le cinéma belge mais très présentes sur les écrans mondiaux, Lubna Azabal a déjà transformé deux de ses trois nominations aux Magritte pour Incendies en 2012 et La marche en 2015. C’est peu dire qu’elle s’impose comme une concurrente redoutable, d’autant qu’elle est à l’affiche de Tueurs, film belge 9 fois nommé, qui sera surement plébiscité par l’Académie.

Autre comédienne à l’affiche d’une production belge, Natacha Régnier, qui est d’ailleurs également à l’affiche de Tueurs, concourt ici pour son rôle dans Une part d’ombre. Etrangement, c’est sa première nomination dans cette catégorie, ce qui pourrait peut-être lui bénéficier, d’autant qu’elle porte l’étendard du film de Samuel Tilman, que l’on retrouve dans la catégorie Meilleur premier film, mais pas dans les catégories traités ci-dessus.

Natacha Régnier dans « Une part d’ombre »

Face à elles deux, deux habituées des Magritte. Yolande Moreau a déjà gagné la statuette pour Camille redouble, et connaît cette année sa 8e nomination pour I Feel Good. Cécile de France quant à elle est nominé pour la 4e fois cette année pour Mademoiselle de Joncquières, mais n’a encore jamais gagné. Passé l’adage jamais deux sans trois, cette fois-ci sera-t-elle la bonne?

Chez les hommes, un comédien pourtant incontournable présente la même situation. Ainsi depuis 2014 François Damiens est-il nominé chaque année dans la catégorie Meilleur acteur, mais ne l’a encore jamais remporté, malgré tous les pronostics et toutes les prédictions. Le rôle de Dany Versavel qu’il s’est écrit sur mesure lui portera-t-il chance?

On aimerait dire que oui, mais il fera face à deux hyper-habitués de la catégorie déjà primés en la matière (Olivier Gourmet, en lice pour Tueurs, et Benoît Poelvoorde, en lice pour Au poste!), et surtout, à une comète venue de nulle part, le jeune Victor Polster, époustouflant dans Girl (dont on reparle ci-dessous), qui lui a valu le Prix d’interprétation Un certain regard à Cannes. Alors, qui du novice ou du vétéran remportera les faveurs de l’Académie? A moins qu’un outsider de luxe ne leur vole la vedette?

Victor Polster dans « Girl »

La bataille sera également rude pour les seconds rôles, où le casting d’Une part d’ombre pourrait peut-être tirer son épingle du jeu, à moins qu’Arieh Worthalter, déjà nominé l’année dernière, ne remporte la mise pour Girl. Chez les espoirs, on retient bien sûr les deux jeunes héros de Nos batailles, Lena Girard Voss et Basile Grunberger, magnifiquement dirigés dans le film, mais ils feront face à une sérieuse concurrence, des plus hétéroclites, du très convaincant « ket » de François Damiens (Matteo Salamone) à l’hyper énergique Nawell Madani (C’est tout pour moi), ou encore la révélation androgyne Anaël Snoek (Les Garçons Sauvages).

Courts et docs

La bataille sera rude côté documentaire, et opposera cette année 5 films, offrant ainsi un embarras du choix entre 5 productions très appréciées cette année: Des cowboys et des IndiensLa Grand MesseManuMitra et Ni juge ni soumise. Le succès public de ce dernier pourrait bien faire pencher la balance. 

Côté courts métrages, le prix fiction se jouera entre Calamity, premier film de Maxime Feyers et Séverine de Streyker, qui tourne depuis de nombreux mois en festival où il a déjà remporté de nombreux pris, D’un château l’autre d’Emmanuel Marre (déjà nommé l’année dernière pour Le Film de l’été), lancé cet été à Locarno, et couronné à l’automne au FIFF, Icare de Nicolas Boucart, auréolé par sa belle pré-sélection pour les Oscars et Une soeur de Delphine Girard, découvert cet automne à peine au FIFF, où il a su séduire public et jurys, et qui bénéficie de la prestation impeccable de la grande Veerle Baetens.

Et les autres prix?

On relèvera que le film qui remporte le plus de nominations cette année, ex-aequo avec Tueurs, est… un film flamand. Girl, premier long métrage de l’hyper doué Lukas Dhont, comptabilise pas moins de 9  nominations, sans même concourir dans les catégories Meilleur film, Meilleure réalisation ni Meilleur premier film. C’est dire l’ampleur du plébiscite. On tiendra les comptes samedi pour voir si l’Académie confirme ce vote de confiance, notamment dans les catégories dites « techniques » (image, son, décor, costumes, montage).

Un autre film fait un carton plein dans ces catégories techniques, mettant ainsi en avant la grande qualité de sa direction artistique: Laissez bronzer les cadavres. Nominé dans toutes sa catégories, il offre à Manu Dacosse sa 5e nomination dans la catégorie Meilleure image. Il devra néanmoins faire face à l’émérite Jean-François Hensgens qui réalise un petit exploit: être nommé à la fois dans les catégories Meilleure image et Meilleure réalisation!

On notera également les nominations de Bye bye Germany notamment dans les catégories Meilleurs costumes et Meilleurs décors, venant ainsi souligner le beau travail de reconstitution historique fait sur le film de Sam Garbarski.

Petit détour par la catégorie Meilleur Musique, où la confrontation devrait également être intense. On y retrouve pour la première fois la bande originale d’un film documentaire, celle de Au temps où les Arabes dansaient composée par Simon Fransquet, face au lauréat 2017, Manuel Roland (primé à l’époque pour Parasol), il représente cette année La Part sauvage de Guérin Van de Vorst, dont il a composé la BO avec Maarten Van Cauwenberghe, et au musicien Vincent Liben, qui se lance dans la composition pour le cinéma avec la bande originale d’Une part d’ombre, de Samuel Tilman.

Résultats des courses samedi soir vers 22h30…

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