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« Music Hole »: petit théâtre des horreurs absurde et déjanté

Ce vendredi soir a lieu à Liège la première belge de Music Hole de Gaétan Liekens et David Mutzenmacher, dans le cadre du Festival International du Film de Comédie de Liège…

Découvrant le film il y a quelques semaines à Toulouse dans le cadre du Fifigrot, Jean Dujardin, alors président du jury, n’hésitait pas à le qualifier de Pulp Fiction belge. Et de fait, les marqueurs sont là: guns, bagnoles vintage, hémoglobine, dialogues absurdes, ligne temporelle éclatée, quiproquos improbables, bras cassés de compétition et une tendance légère mais néanmoins certaine à la scatologie – et ce n’est pas l’affiche qui dira le contraire!

On continue à paraphraser? Benoît Delépine lui-même, à l’origine du même festival, parlait quant à lui des frères Coen, et vantait ce film complètement dingue. On ne peut que le plussoyer: effectivement, le film est complètement dingue. Tentons une expérience elle-même un peu folle: pitcher film…

Francis, comptable loser dans un cabaret, a des problèmes conjugaux. Sa femme Martine, trop jeune et trop belle pour lui, s’ennuie. Elle s’ennuie tellement, qu’elle irait bien voir ailleurs. Mais Francis lui est prêt à tout pour garder l’amour de sa vie. A tout, sauf peut-être à se remettre en question. Il échafaude alors un plan relativement machiavélique, mais qui se met à foirer d’une façon que nous décrirons comme spectaculairement systématique, jusqu’à ce petit matin où suite à une énième dispute avinée, il découvre la tête de Martine dans le congélo, alors qu’une inspectrice de police potentiellement perspicace prend un verre dans le salon. Oups. Lui qui plus que tout souhaitait recoller les morceaux ne sait pas trop que faire de cet encombrant bout de femme… Allez, on n’en dit pas plus, le plus simple est encore d’en voir quelques images.

 

Music Hole n’a pas peur de la caricature, de grossir le trait pour provoquer les rires mais aussi parfois la réflexion sur nos petites vanités et nos grandes lâchetés, ou vice-versa. Pas d’hésitation sur le genre ici, Music Hole relève de la comédie potache, façon polar déjanté et azimuté.

Et pour mener à bien ce projet audacieux, il fallait un casting à la hauteur, qui n’hésite pas une seconde à se mettre en danger et à braver le ridicule pour se mettre au service de l’imagination débridée des auteurs.

Music-Hole

Dans le rôle de Francis, une évidence, l’inénarrable Wim Willaert qui balade sa silhouette de clown lunaire dans cette succession de situations pour le moins cocasses, en mode l’habit pourrait bien ne pas faire le moine. Face à lui, c’est un véritable défilé de tronches patibulaires, de belles filles rigolotes, d’accents irrésistibles, de muscles décérébrés et d’apparitions absurdes.

Difficile de tous les nommer, mais on retiendra un quatuor féminin inattendu dans des rôles aussi délirants que surprenants (Vanessa Guide, Hande Kodja, Laurence Oltuski et Marijke Pinoy), l’incontournable Tom Audenaert qui se régale visiblement à jouer les dégénérés de service, ou encore Mourade Zeguendi, Mounir Ait Hamou, Jason Chicandier et bien d’autres encore qui jouent le jeu avec délectation.

Alors, Music Hole succèdera-t-il aux comédies belges complètement barrées qui font le sel (du cornet de frites) du Plat Pays? Rendez-vous fin janvier dans les salles pour vous faire votre avis…

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