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« Never Grow Old »: Déborah François à la conquête de l’Ouest

Avec Never Grow Old, le réalisateur irlandais Ivan Kavanagh livre un western sombre et contemporain, qui respecte les codes du genre, tout en s’éloignant de l’image d’Epinal de l’Ouest américain fait de plaines saturées de soleil s’étendant à perte de vue et d’attaques de diligence. 

Un charpentier et entrepreneur de pompes funèbres irlandais Patrick Tate vit avec sa jeune famille à la périphérie d’une petite ville sur la route de la Californie pendant la ruée vers l’or de 1849. La vie y est dure mais paisible jusqu’à l’arrivée de Dutch Albert et sa bande de hors-la-loi qui va tout faire basculer et l’obliger à protéger sa famille…

Pas d’Indiens ici, pas de Shérif sur les dents, pas même de chercheurs d’or, ni de cow-boys intrépides, mais plutôt une communauté toute jeune, qui cherche encore ses marques, déstabilisée par l’irruption de quelques hommes sans foi ni loi qui viennent piétiner leur voeu d’abstinence. Loin des paysages ensoleillés des westerns hollywoodiens, le film est rythmé par une succession toujours plus rapide d’enterrements pluvieux.

Le petit village cristallise la tension qui oppose cette communauté ultra-religieuse, et les pratiques de débauche de la bande de Dutch Albert, qui réintroduit par la force l’alcool, le jeu et la prostitution. Rêvant de la Conquête de l’Ouest, Patrick et sa femme Audrey se sont arrêtés ici il y a quelques années pour laisser grandir leur famille, en attendant un avenir meilleur et plus lumineux. Seulement voilà, quand les règles de la communauté sont mises à mal par l’arrivée des nouveau venus, le couple implose. Patrick y voit une opportunité financière pour solidifier leur capital de départ (forcément, réintroduire l’alcool et le jeu, c’est la promesse de joutes armées mortelles et des enterrements qui vont avec dans un village où l’épicier vend des 22 long rifles). Audrey elle sent le vent tourner, et brûle de partir élever ses enfants ailleurs. Et elle n’a pas forcément tort…

A l’affiche de ce western crépusculaire tourné entre l’Irlande et le Luxembourg, on retrouve les comédiens américains Emile Hirsch et John Cusack dans les rôles de Patrick Tate et Dutch Albert, et aussi, cocorico, l’actrice belge Déborah François, héroïne culottée prête à tout pour réaliser ses rêves et protéger sa famille. La comédienne incarne avec opiniâtreté cette jeune femme déracinée mais déterminée, confrontée à la violence des hommes. Deux autres comédiennes belges sont également de la partie. Anne Coesens et Manon Capelle se retrouvent quelques années après Tous les chats sont gris, et incarnent une nouvelle fois une mère et sa fille. Deux interprétations marquantes, tant leurs rôles, certes secondaires, font basculer l’équilibre de la communauté malgré elles.

On retrouve également deux comédiens belges au générique. Sam Louwyck et Camille Pistone, qui jouent avec délectation les méchants sans foi ni loi, bandits à la gâchette facile et au coude léger. C’est une belle surprise de retrouver ce cast belge, au sein de cette communauté faite d’immigrés venus chercher un monde meilleur, et qui trouvent juste un autre monde, rongé par ses propres démons. On retrouve également de nombreux techniciens belges, et pas des moindres, notamment Jackye Fauconnier (Laissez bronzer les cadavres, Hannah, La Trêve, Un homme à la mer…) pour les costumes, Bernard Beets au montage (monteur attitré du duo Cattet & Forzani), et pour la  construction des décors Marc Ridremont (The Spy, Chambre 212, The White Queen)…

Sam-Louwyck-Never-Grow-Old

Le film, diffusé en avant-première ce samedi 29 février au Kinograph à Bruxelles en présence de l’équipe, fera l’objet de quelques projections exceptionnelles à Bruxelles et en Wallonie. Stay tuned!

 

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