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« Noura rêve »: le cauchemar conjugal

Noura rêve, premier long métrage de la réalisatrice d’origine tunisienne installée en Belgique Hinde Boujeema retrace via le destin extraordinaire d’une femme éprise de liberté mais soumise à l’implacabilité de la loi et la violence de son mari la condition quotidienne des femmes tunisiennes, pour lesquelles l’égalité des sexes aux yeux de la société et de la loi est encore à conquérir.
5 jours, c’est le temps qu’il reste avant que le divorce entre Noura et Jamel, un détenu récidiviste, ne soit prononcé. Noura qui rêve de liberté pourra alors vivre pleinement avec son amant Lassad. Mais Jamel est relâché plus tôt que prévu, et la loi tunisienne punit sévèrement l’adultère : Noura va alors devoir jongler entre son travail, ses enfants, son mari, son amant, et défier la justice…
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Noura tente tant bien que mal de joindre les deux bouts. Elle porte son foyer à bout de bras. employée dans la laverie d’un hôpital, elle élève seule ses trois jeunes enfants, les choit et les entretient. L’image même de la mère célibataire forte et courageuse, à un détail près: Noura est mariée, mais son mari est en prison. Voyou récidiviste, Jamel brille par son absence, mais pense pouvoir continuer à régenter sa famille en direct de sa cellule. Un régent aux légères tendances tyranniques.

Car Noura, lasse des frasques de son époux, qu’elle n’aime plus depuis longtemps, mène une double vie entre les bras de son amant, où elle se rêve libre et amoureuse. Mais les méthodes mafieuses de Jamel ne s’arrêtent pas aux portes du foyer, et il ne va pas hésiter à se retourner contre son épouse quand le secret s’étiole.

Avec Noura rêve, Hinde Boujeema interroge la loi tunisienne, qui punit encore aujourd’hui l’adultère d’emprisonnement. Un débordement de la loi dans le domaine de l’intime, qui bride essentiellement l’émancipation des épouses, principales cibles de l’application de cette loi. Le film, fort d’une trame narrative dense et tendue, illustre l’oppressante et dévastatrice inégalité des sexes aux yeux de la loi et de la société.

On retrouve dans les rôles de Noura et Jamel deux valeurs sures du cinéma tunisien, la bouleversante Hend Sabri (qui vient d’ailleurs de recevoir le Prix d’interprétation au festival d’El Gouna en Egypte), et le mystérieux Lotfi Abdelli.

Noura rêve est le premier long métrage d’Hinde Boujeema, réalisatrice tunisienne installée à Bruxelles, où le film est produit par Eklektik Productions. Un beau coup d’essai, sélectionné aux prestigieux festivals de Toronto et de San Sebastian, et au Festival de Namur, où il est présenté ce mercredi 2 octobre. Il sortira en Belgique le 27 novembre prochain.

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