« Poulet Frites », Strip-tease remet le couvert

Strip-tease est de retour sur grand écran, en noir et blanc, pour un polar aussi drôle que sombre.

Cinq ans après Ni juge ni soumise, César et Magritte du Meilleur documentaire, Jean Libon et Yves Hinant remettent le couvert avec Poulet Frites, nouvelle projection pour le grand écran de l’univers singulier de Strip-tease. L’histoire? Une plongée au quotidien au coeur d’une enquête judiciaire sur le meurtre d’une femme tuée d’un coup de couteau à la gorge. Si le film commence par une scène de crime, des combinaisons blanches et radio police, on est loin des experts à Bruxelles. Ce qui compte ici, ce ne sont pas les indices, les expertises et peut-être même pas tant que ça l’identité du criminel. Ce qui occupe les réalisateurs, c’est l’étude des caractères.

Après (techniquement avant, mais on y reviendra) avoir posé leur caméra dans le bureau de la juge d’instruction Anne Gruwez, Libon et Hinant s’intéressent cette fois-ci aux arborescences d’une enquête judiciaire. S’ils croisent à nouveau le chemin de la truculente juge bruxelloise, leur « star » cette fois-ci est le commissaire Lemoine, qui met tout en ouvre pour tenter d’élucider le mystère, résistant aux tentantes évidences qui lui désignent le coupable idéal, autre protagoniste de ce récit.

« Il est boucher de formation », se délectent les enquêteurs qui commencent à se pencher sur le cas. Le cursus idéal pour faire d’Alain Martens un meurtrier, d’autant qu’il connaissait bien la victime, petite amie occasionnelle, avec laquelle il enchainait les disputes avinées. Sans compter son CV carcéral, 37 ans, dont 16 ans de prison, leur confie-t-il en toute innocence. Le seul hic, c’est qu’Alain ne se souvient absolument pas d’avoir égorgé Kalima. Et ces frites, qu’on a retrouvées dans le bol alimentaire de la victime, est-ce que c’est bien lui qui les lui a apportées?

Car oui, on est en Belgique, alors forcément, c’est une affaire de frites. Une affaire de frites, et un ton instantanément identifiable, usant d’un humour qui sert autant à désamorcer des situations tendues qu’à se protéger de la noirceur du monde. Tous ces flics, confrontés à la violence et à la misère, ont plus besoin de quelques blagues qui permettent de prendre du recul que de gilets pare-balles. Et le regard curieux et attentif des réalisateurs permet également de créer la juste distance pour participer à l’enquête.

Pour la petite histoire, ces images, rendues intemporelles par le noir et blanc, datent en réalité de 2007. A l’époque, le duo tournent un épisode de l’émission Tout ça ne nous rendra pas le Congo, « La juge, le flic et l’assassin », en trois parties. Un format télé donc, qui amène son lot de frustrations. Alors quand pendant le confinement, leurs producteurs leur proposent de refaire un film de cinéma, Libon et Hinant repensent à ces heures de rush, à ces personnages bigger than life, et à ce désormais cold case qui pourrait trouver une seconde vie. Ainsi nait Poulet Frites, et le retour sur grand écran du désormais fameux label Strip-tease: « C’est pas du cinéma, c’est pire ».

 

 

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