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« Rêver sous le capitalisme »: l’équation impossible

Quand le capitalisme et son dés-humanisme s’infiltre jusque dans nos rêves… Avec Rêver sous le capitalisme, Sophie Bruneau livre un documentaire lancinant et puissant entre rêve et réalité, où 12 travailleurs essaient de comprendre les raisons de leur souffrance au travail.

Douze personnes racontent puis interprètent le souvenir d’un rêve de travail. Ces âmes que l’on malmène décrivent, de façon poétique et politique, leur souffrance subjective au travail. Petit à petit, les rêveurs et leurs rêves font le portrait d’un monde dominé par le capitalisme néolibéral.

Les mots posés sur les maux sont violents: torpeur, crispation, malaise, sinistrose. Imperceptiblement, on ne sait plus si les travailleurs parlent de leur rêve, ou de leur réalité. Dans le monde symbolique des rêves, les travailleurs sont régulièrement, très régulièrement, morts ou morts-vivants, privés de leur souffle vital.

Les tableaux illustrant le récit des 12 rêves alternent entre les témoignages face caméra, et les abstractions visuelles: un chantier vu la nuit, un parking vide de supermarché, un immeuble tout de verre presque désert. Par la force d’un documentaire sonore, les cauchemars racontés n’en sont que plus vivaces: les fenêtres murées, les collègues zombies, le cerveau charcuté…

Il y a comme un antagonisme fondamental dans le titre, comme si les mots rêver et capitalisme ne pouvait plus co-exister dans l’ère du néo-libéralisme. En laissant le temps aux mots – et à l’expression des maux -, Sophie Bruneau laisse au spectateur le temps d’intégrer, murir le sens et les origines de la souffrance au travail.

 

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