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Retour sur… « Le Maître de Musique »

1988. Un réalisateur belge qui travaillait jusque là pour la télévision fait sensation avec son tout premier long métrage, qui l’envoie directement aux Oscars. Film d’auteur et film populaire, film historique et film musical, Le Maître de Musique livre un hommage cinématographique majestueux à l’art lyrique. 

Au début du XXe siècle, à Londres. Joachim Dallayrac, baryton de réputation mondiale, annonce à son public consterné qu’il quitte définitivement la scène. Il choisit de se consacrer à l’éducation musicale de Sophie, sa plus brillante élève, et de Jean, un jeune voyou qu’il a recueilli pour sa voix prometteuse après l’avoir entendu fredonner un air des Contes d’Hoffmann sur un marché. Le vieux maître soumet ses disciples à un entraînement draconien…

Car c’était bien de son chant du cygne auquel le public a pu assister. En prenant sous son aile Sophie puis Jean, c’est sa succession musicale qu’il organise. Jean et Sophie, Joachim et sa femme, tous vivent, évoluent et progressent sous le même toit. Mais quel risque court-on à aimer la voix d’une personne? L’émotion esthétique n’est-elle pas un raccourci vers une émotion amoureuse? Ce marivaudage mélodique se déploie sur fonds de véritables duels musicaux. Car quand on atteint un tel niveau de chant, un tel génie d’interprétation, la compétition n’est pas loin. L’ancien antagonisme qui opposait le Maître et son plus fidèle ennemi, le Prince Scotti, fait un saut de génération pour être transmis aux muses et pupilles des maestros, et le duel initial d’être réinterprété par élèves interposés.

Si Gérard Corbiau s’amuse encore aujourd’hui des moyens modestes déployés pour la production du film, il n’en reste pas moins une ambitieuse bien que mesurée reconstitution historique, au service de l’art lyrique, et incarné avec mystère par le grand José Van Dam, dont ce n’était que le deuxième film, et qui n’en tournera jamais d’autre. A ses côtés, le comédien belge à la carrière internationale Patrich Bauchau campe un machiavélique meilleur ennemi, tandis que le jeune Philippe Volter, malheureusement aujourd’hui décédé, trouve là son premier grand rôle.

En mai dernier, Gérard Corbiau revenait pour nous sur le casting exceptionnel de son film, et le choix osé d’un acteur d’opéra pour incarner son héros.

Il s’étonnait encore que ce « petit » film ait eu un tel retentissement…

 

Le Maître de Musique sera projeté dans le cadre de l’opération 50/50 à Bozar le mercredi 18 avril à 19h.

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