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Roda Fawaz, héros d’Invisible

Alors que la diffusion d’Invisible a débuté avec succès ce dimanche sur La Une, rencontre avec l’un de ses héros, le comédien Roda Fawaz (vu notamment dans Unité 42, ou dans le court métrage Bruxelles-Beyrouth), qui y incarne Ayoub, un père de famille confronté à l’épidémie d’invisibilité, qui va tout faire pour pouvoir garder son fils.

Qui est Ayoub?

Ayoub travaille dans une école secondaire, et vit avec sa femme et son fils. Comme tous les personnages de la série, il va devoir faire face à ce fléau, qui va bouleverser son petit monde. Et son monde à lui tourne entièrement autour de sa famille, qu’il va essayer de protéger à tout prix. Sa quête va tourner autour de son fils, et de sa garde.

Ce personnage fait fort écho à ce qu’on vit aujourd’hui finalement. Dans Invisible, il y a des effets spéciaux, bien sûr, mais à travers Ayoub, on se focalise sur des préoccupations très quotidiennes, comme emmener ses enfants à l’école, aller travailler, etc. Ce sont des questionnements logistiques, familiaux, au coeur d’un récit fantastique.

Comment aborde-t-on le fait de devoir incarner l’invisibilité en tant que comédien?

Avant le tournage, je me suis surtout demandé comment dans les scènes où je suis invisible j’allais faire pour parler aux autres personnages, surtout s’ils ne sont pas au fait de mon invisibilité. Quel ton, quel volume, quelle hauteur de voix?

Pendant le tournage, la chose la plus difficile, c’était le fait de devoir faire chaque scène deux fois. Non seulement on fait en général plusieurs prises, mais en plus là il fallait doubler chaque scène pour l’intégration ultérieure des effets spéciaux. N’en étant pas conscient pour ma première scène, j’ai vraiment tout donné en termes d’émotions, pour m’apercevoir qu’il fallait recommencer pour les effets spéciaux!

Mais cela reste très ludique, même s’il peut y avoir une certaine frustration quand on se sent au service de la technique. Mais bon, il y a cette fameuse combinaison verte que l’on doit porter pour les incrustations ensuite… C’est assez drôle en fait!

Quels étaient les plus grands enjeux pour vous?

L’enjeu principal pour mon personnage, c’est qu’il est confronté à la perte de ce qui est le plus important dans sa vie, c’est-à-dire son fils, sa famille. Le challenge, c’était de trouver en moi la ressource pour comprendre cet état, approcher cette peur. Et enchaîner les épreuves pour ne pas perdre ceux qu’on aime.

C’est un très beau personnage, très riche, et c’est rare que l’on me propose des personnages comme celui-là. Je ne veux pas forcément lancer dans un débat sur les emplois que l’on réserve en général aux comédiens de mon type ethnique, mais là on me proposait clairement autre chose.

C’est un personnage complexe, qui a des choses à défendre, à mille lieux des clichés, notamment dans les rapports qu’il entretient avec sa femme. On est loin du stéréotype de l’homme méditerranéen un peu macho qui domine son foyer. La série est écrite par une femme aussi, j’imagine que ce n’est pas anodin par rapport aux nuances que l’on peut y retrouver.

Un des points forts de la série, c’est d’offrir un portrait riche de la Belgique contemporaine. 

Oui, la série incarne toutes les nuances et la complexité de notre société, et fait vraiment écho à ce qu’on vit aujourd’hui – sans pour autant être anxiogène! Mais la série observe à la loupe les acteurs et actrices majeur·es de la crise sanitaire que nous vivons actuellement, le monde hospitalier, les personnes âgées, les jeunes générations…

On n’a jamais vu de série comme ça en Belgique, il y a une prise de risque à tous les niveaux.

On vous voit aujourd’hui dans Invisible, on vous a vu dans Unité 42, est-ce que c’est confortable pour un comédien de créer un personnage sur le temps de la série, au fil de 8 épisodes?

Sur Unité 42, c’est la première question que je me suis posée. J’y étais un personnage récurrent, mais qui était plus là pour donner des informations, accompagner les héros. Mais j’en ai conclu que dans une série,  il faut que l’on puisse immédiatement reconnaître quel type de personnage on présente au spectateur, qu’il soit très lisible. Il faut que quand il rentre dans une pièce, on puisse se dire, « Lui c’est un rigolo, lui il est sympa mais rigide ». Sauf que comme c’est une série, qu’il faut tenir sur la longueur, il ne faut pas non plus tomber dans le cliché, et enfermer le personnage dans une image trop monolithique.

Pour Ayoub c’était ça aussi, identifier dès le départ sa caractéristique principale pour permettre l’identification, ici c’est le père aimant, mais déployer au fur et à mesure toute la complexité du personnage.

Qu’est-ce que vous préférez dans la série en tant que spectateur?

D’abord, cette série, c’est du Ken Loach avec des effets spéciaux, quelque chose de jamais vu en Belgique francophone! Quand j’ai découvert les deux premiers épisodes, je me suis complètement laissé emporter alors que d’habitude je suis très stressé de me découvrir à l’écran. Et puis il y a tellement de beaux destins auxquels s’accrocher, celui de Laurence, celui d’Angèle, celui d’Ayoub…

Quels sont vos projets?

J’ai eu de la chance, j’ai pu traverser le premier confinement en continuant à travailler. Je prépare actuellement mon premier long métrage, La Salle des pas perdus, que je vais co-réaliser avec Thibault Wolfhart, et je travaille parallèlement sur mon spectacle de stand-up. J’ai également tourné dans une autre série qui doit sortir bientôt, Cellule de Crise, une série suisse avec André Dussolier et Isabelle Caillat.

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