Mobile Home
Simon, Julien : les Frères d’Ardennes

Un Mobile Home parqué sur la place de Chablis à Ferrières. Rien de très inhabituel. L’endroit est agréable, plutôt calme, les habitants du coin ne prêtent d’ailleurs pas beaucoup d’attention au véhicule… et à l’agitation qui règne autour de lui.

 

 

 

Une vingtaine de personnes tourbillonnent autour de l’engin sans doute fabriqué dans les années 80. On entend quelques cris.

 

 

Une porte s’ouvre. Une femme sort, en larmes. À l’intérieur, on aperçoit un jeune éphèbe en caleçon, excédé, qui claque la portière de l’habitacle. Sa mère, il semble bien que ce soit sa mère, avance vers une Kangoo rouge garée juste à côté, échange quelques mots avec l’homme au volant qui a les traits de –mais oui- l’immense Jackie Berroyer.  Et son épouse, désarmante de naturel… désarmé est Claudine Pelletier, délicieuse comédienne luxembourgeoise à la voix envoûtante.

 

 

Nous serions donc plongés au cœur d’une scène de film et non pas confrontés à une simple dispute de vacanciers? Bon sang, mais c’est bien sûr. Sous l’auvent sombre posté face au moteur, planté devant un combo, casque sur les oreilles, attention maximale, François Pirot dirige son premier long métrage. Il scrute les visages, les intonations, repositionne la scène, donne quelques indications supplémentaires aux acteurs, aux techniciens. Et tout cela dans une décontraction assumée qui ne contrarie pas le sérieux du travail.

 

 

Au milieu de cette équipe, tourbillonne Caroline Tambour. Charismatique, énergique en diable, c’est elle qui veille au timing, aux mises en place, elle aussi qui s’échine à maintenir le calme pendant les prises. Un quart d’heure suffit pour se rendre compte que c’est l’assistance rêvée qui complète idéalement François, plus discret. Il faut dire que, malgré son jeune âge, Caroline a un sacré pédigrée: Le Couperet, Le Silence de Lorna, La Régate, Illégal… Elle était de tous ces grands films.

 

 

 

Le jeune homme qui crie dans le Mobile Home est Arthur Dupont, un des grands espoirs du cinéma français, nommé aux César pour Bus Palladium, un acteur d’autant plus intéressant que derrière sa gueule d’ange, il cache (peu) un tempérament de déconneur hors pair.

 

 

Avec le fulgurant Guillaume Gouix qui arrivera plus tard sur le plateau, Arthur est un des deux acteurs principaux. Les deux potes, frères de sang dans la vie et à l’écran, irradient ce film de leur énergie sauvage. Ils en sont le cœur et la sève, le moteur et l’essence. Ils SONT les personnages, au point qu’une fois les caméras éteintes, lorsqu’on les regarde évoluer ensemble, on a du mal à faire le tri entre la réalité et la fiction. Une chose est certaine: ces deux-là qui se sont rencontrés en 2006 sur le plateau de Chacun sa Nuit de Jean-Marc Barr sont d’authentiques graines de stars !

 

 

Il faudra neuf prises pour venir à bout de cette scène, ce qui ne semble excessif à personne. Neuf prises pour que François obtienne exactement ce qu’il attend, ce qu’il a imaginé… mais en mieux, grâce à la liberté qu’il laisse à ses acteurs qui n’hésitent pas à s’approprier les répliques pour les rendre plus naturelles et cinglantes encore.

 

 

Produit en Belgique par Tarantula, le tournage de Mobile Home (que nous vous avons présenté ici) se poursuit quelques jours dans cette sublime région ardennaise où les personnages se débattent contre leur quotidien pour tenter de faire exister leurs rêves. Un voyage immobile à suivre. De près. Sur Cinevox, bien sûr.

 

[Toutes les photos sont bien sûr signées par Marianne Grimont, www.grimont.be]

 

 

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