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Sur le tournage de… « Space Boy »

Août 2019, dans un quartier cossu de la commune d’Uccle, des cris s’élèvent de la cour d’un établissement scolaire fermé pour l’été. A gauche, un groupe de jeunes enfants en stage joue au ballon. A droite, des élèves en uniforme courent dans tous les sens, accompagnés de leurs parents. Des parents au look très… vintage. Les épaules sont carrées, les cravates chamarrées, et les coiffures, choucroutées. A y regarder de plus prêt, ce ne sont pas des élèves, mais bien les figurants du jour de Space Boy, premier long métrage d’Olivier Pairoux, co-écrit avec Eusebio Larrea, en tournage depuis le début du mois. 

Space Boy suit les aventures de Jim, 11 ans, petit garçon rêveur et surdoué qui vit seul avec son père Graham destiné à devenir le premier scientifique britannique à se rendre dans l’espace. Mais quand Jim apprend que son père lui a menti et a abandonné sa mission, les repères du petit garçon volent en éclat. Dans sa nouvelle école, il profite d’un concours de jeunes scientifiques pour secrètement construire une montgolfière, inspiré par l’exploit de son idole Joseph Kittinger. En plus de la dangerosité du projet, de la concurrence féroce entre les participants du concours et de ses propres obsessions, Jim s’oppose à son père, afin de lui prouver qu’il a eu tort d’abandonner. Jim peut compter sur Emma, une nouvelle camarade de classe. Ensemble, malgré leur caractère opposé, ils relèvent un défi aussi fou qu’excitant, qui va petit à petit les rapprocher…

Tournage-Space-Boy

L’aventure en famille

Space Boy est un film familial d’aventures, où les héros sont des enfants, où les projets sont un peu fous, où les adultes sont hauts en couleur, et où les petits ont autant de chance de l’emporter que les grands. Quand on demande au réalisateur de nous parler du genre du film, qui se distingue par son originalité dans le paysage belge francophone, il insiste pourtant… sur l’histoire d’amour! « Space Boy, c’est une love story en fait. C’est un peu une comédie romantique, rythmée par les nombreuses aventures qu’entreprennent les enfants, et agrémentée de petites touches d’humour. Même si la thématique est plutôt profonde, on parle ici de la nécessité parfois de revoir à la baisse ses rêves d’enfants quand on doit faire face aux responsabilités de l’âge adulte, on veut que le film soit hyper énergique, que ça envoie, que ce soit fun et rigolo. »

Olivier Pairoux, qui cite à tous bouts de champ et avec une passion communicative ses réalisateurs préférés, invoque Walt Disney, qui voulait systématiquement « un rire pour une larme ». « C’est ce qu’on essaie de faire à notre niveau bien sûr, on essaie de se faire plaisir, sans jamais perdre de vue qu’on doit faire plaisir au spectateur. »

Olivier-Pairoux-Cinevox
Olivier Pairoux, le réalisateur

D’ailleurs sur le plateau, la bonne humeur est au diapason. « On a une équipe formidable, hyper motivée par le film, qui se démène et fait preuve d’une immense créativité pour mener à bien ce projet ambitieux, nous confirme la productrice Annabella Nezri (Kwassa Films). » L’humeur est à l’expérimentation, et au patchwork. « Pour moi la réalisation, c’est comme un tour de magie, explique le réalisateur, ce sont plein de petites ficelles qui prises une par une, peuvent être faciles, mais mises bout à bout, produisent de l’effet. On n’hésite pas à s’inspirer de plein d’univers différents, à injecter des choses qu’on a apprises dans le domaine de la pub, du clip, ou même sur internet. »

Retour vers les 80s

Ce qui marque d’emblée quand on met le pied sur le plateau, ce sont bien sûr les costumes, et les décors. A l’ombre de la haie de l’école, on aperçoit un vieux BMX, le vélo de Jim, qui évoque instantanément Stand By Me, E.T., mais aussi Stranger Things. Les années 80 (le film se passe en 1986) sont constitutives de l’atmosphère du film. Il y a bien sûr le plaisir esthétique et nostalgique de la reconstitution (difficile de résister au téléphone à cadran qui trône sur l’un des décors), la référence assumée et joyeuse aux grands films familiaux américains qui ont fait le bonheur des kids de la décennie 80, mais aussi une une façon d’aborder la narration et le cinéma ouvertement référentielle.

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« Les films des années 80 avaient une approche plus naïve et innocente que les films d’aujourd’hui. Il y avait plus de place pour le rêve, l’imagination, des petits gosses pouvaient sans soucis vaincre le grand méchant, se souvient Olivier Pairoux. C’était aussi plus onirique, et plus poétique, c’est quelque chose que j’avais envie de retrouver avec ce film. »

Si les adultes découvrent avec délectation la reconstitution historique, les enfants eux semblent comme des poissons dans l’eau. « Finalement, à part les téléphones, rigole la jeune Albane Masson, qui joue le rôle d’Emma, c’est pas si différent! Bon, faut dire que quand j’étais toute petite, je croyais qu’à l’époque de ma mère, il fallait encore aller chercher de l’eau au puits! »

Père & Fils

Au coeur du film se trouve également la relation père/fils qui unit Jim à son père Graham. Une relation mouvante, à inventer, faite de complicité et d’amitié. « Cela me plonge dans mes propres souvenirs, nous confie Yannick renier qui joue Graham, ça me ramène à ma propre enfance. A ces générations de nouveaux pères qui ont dû réinventer les codes, et trouver leur place entre celle de père et de copain. »

La complicité, c’est bien ce qui unit d’ailleurs le comédien chevronné au jeune héros du film, Basile Grunberger, découvert dans Nos batailles. Leur entente est palpable sur le plateau, entre rigolades et gestes complices. Le réalisateur a demandé aux deux comédiens de passer du temps ensemble avant le tournage afin de nourrir leur relation, de la rendre plus organique. Une vraie révélation, qui se sent pendant comme entre les scènes. « On fait même des checks, nous dit le jeune garçon de 11 ans ». (on en conclut que c’est le degré ultime de camaraderie)

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Déjà fascinant dans Nos batailles, où il brillait par son intensité, Basile a su conquérir l’ensemble du plateau par son talent, mais aussi par son implication et sa curiosité. « Ce que je préfère sur un tournage, c’est apprendre. Tous les jours, j’apprends quelque chose de nouveau. J’adore mon travail de comédien, mais j’adore aussi découvrir tous les autres domaines, le son, l’image, nous explique Basile avec enthousiasme. » Et effectivement, entre deux prises, on l’observe emprunter le micro du perchman (qui fait deux fois sa taille), et s’intéresser à l’art de la prise de son. Il semble aussi à l’aise parmi les technicien·nes qu’au micro de RTL, qui fait un reportage en direct sur le set pendant le JT de 13h. Ce n’est pas tant une future star, qui semble s’épanouir sur le plateau, qu’un jeune comédien sérieux et talentueux sur lequel on devrait compter à l’avenir.

Rendez-vous en 2020 pour découvrir les aventures de Jim et sa bande.

Space Boy, un film d’Olivier Pairoux, co-écrit avec Eusebio Larrea

Avec Basile Grunberger, Yannick Renier, Albane Masson, Bérénice Baoo, Jean-Benoît Ugeux…

Une production Kwassa Films, coproduit par Bulletproof Cupid.

 

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