Swooni
Bruxelles, ma belle.

Au cœur de Bruxelles, lors d’un été caniculaire, 6 personnes sont à la recherche d’une vie un peu meilleure. A priori, elles n’ont aucune raison de se rencontrer : Amadou et Happy viennent de fuir la Sierra Leone. Ils aspirent à rejoindre Swooni, le pays paradisiaque où tous les poissons se réunissent. Swooni n’est bien sûr qu’une fable que le père entretient pour faire miroiter à son fils de 7 ans l’espoir de lendemains lumineux. De l’espoir, ils en ont bien besoin pour tenir le coup.

 

Vicky pleure en silence la fin récente d’une relation. Elle trouve que la vie n’a pas de sens. Jusqu’au jour où elle aperçoit, le long de l’autoroute, un enfant égaré : … Happy.

 

 

 

Violette, un peu plus âgée, très amère, monte à la capitale pour retrouver quelqu’un qu’elle a perdu de vue. Elle s’installe dans l’hôtel le plus cher qu’elle déniche et se met à frayer avec des gens qu’elle ne connaît pas. Ce n’est pas son habitude. Elle est plutôt du genre solitaire, mais peu à peu les contacts qu’elle noue se solidifient. Les deux derniers protagonistes sont Anna et Hendrik, deux psychologues, mariés depuis 15 ans, en plein naufrage. Hendrik essaie de faire renaître la passion d’antan, mais il soupçonne Anna de chercher son bonheur ailleurs.

Non, a priori, tous ces personnages n’ont aucune raison de se croiser. Mais au fil de leurs efforts pour changer le cours de leur propre vie, ils vont néanmoins se retrouver face à face… et constater qu’ils ont terriblement besoin l’un de l’autre.

 

En Flandre, Swooni est un des événements majeurs de ce deuxième semestre, le premier film régional qui sort depuis Schellebelle 1919 et qui préfigure un automne et un hiver torride dans les salles du Nord. En éclaireur, avant les festivals d’Ostende et de Gand, Swooni s’aventure dans le circuit commercial dès ce 24 août en Flandre et à Bruxelles. Il participera ensuite au festival de Toronto en septembre… et grâce aux BNP Paribas Fortis Film Days, vous pourrez le découvrir en Wallonie fin septembre.

Proposé à Bruxelles avec des sous-titres et d’ailleurs en partie dialogué en français, Swooni est un nouvel exemple de coopération belgo-belge. Comme Tot Altijd, Zot van A, Rundskop bien sûr ou Sœur Sourire, tous (co)produits par Eyeworks, une des compagnies flamandes les plus en vues, le film est coproduit dans les deux communautés.

 

Comme de bien entendu, Swooni propose en tête d’affiche quelques-uns des acteurs flamands les plus en vue: Geert Van Rampelberg (Hendrik), Sara De Roo (Anna), l’ineffable Viviane De Muynck (Violette, qui d’autre?), Natali Broods (Vicky), mais aussi le jeune Vigny Thakouani et le… Norvégien Issaka Swadogo (originaire du Burkina Fasso), omniprésent ce semestre sur les écrans belges. Révélé en 2007 par Marion Hansel dans Le Vent Soulève les Sables, Issaka sera en effet à l’affiche de Swooni, mais il est aussi la vedette de L’Envahisseur de Nicolas Provost.

 

Les plus observateurs d’entre vous auront compris qu’il y a un gros point commun entre ces deux rôles. Même si la tonalité des deux œuvres est très différente. L’Envahisseur est sombre et Swooni plus optimiste et lumineux. De l’avis de quelques privilégiés qui l’ont découvert avant sa sortie, Swooni évoque aussi un autre film francophone récent, Illégal. Mais ce film-ci se positionne sur un terrain très différent, visant un public plus large et familial. Avec une ambition moins politique, moins revendicatrice… Quoique…

 

 

Pour Kaat Beels, sa réalisatrice, il s’agit d’un tout premier long métrage après une série de courts et une participation à la série TV, Jes. Comme nous l’avons déjà signalé la semaine dernière, l’édition flamande de Cinevox a récemment proposé quelques articles sur Swooni, dont une rencontre avec  Natali Broods (ICI) ou Viviane De Muynck (ICI) . Au bas de cet article, des liens vous mèneront vers d’autres interviews réalisées par Kurt Vandemaele, toutes passionnantes à condition que vous compreniez la langue de Matthias Schoenaerts. Le film était aussi en vedette dans le Witte Doek n°3, équivalent de notre Grand Ecran. Vous pouvez en voir quelques images et interviews juste après le reportage consacré au Cochon de Madonna en cliquant ICI. Et, cerise sur le gâteau, l’éditio nflamande de CInevox propose aussi neuf director’s cut avec la réalisatrice à voir ICI. Pour vous faire une première idée du film, nous avons mis le trailer en ligne. Découvrez-le sans tarder ICI.

 

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