« Wild Women », le voyage immobile

A l’aube de l’hiver, une cinéaste se retire dans une cabane au fond des bois, en quête de soi et de sens. Immobilisée au coeur de la forêt, elle entreprend un voyage spirituel, nourri par les rencontres faites les mois précédents avec des femmes croyantes, de toutes confessions.

Où réside la foi? Peut-on la trouver en la cherchant, en l’appelant, ou s’impose-t-elle à nous? N’est-elle pas une cristallisation de notre relation au monde qui nous entoure? Avec Wild Women, Cécile Mavet tente une expérience personnelle qu’elle transforme en geste cinématographique. Elle bat en retraite des bruits du monde, les bruits sociaux, les bruits commerciaux, les bruits politiques. Elle part s’enfermer pour 6 mois, loin de sa vie extérieure, pour entrer en connexion avec sa vie intérieure. Elle laisse de côté ses réseaux amicaux et familiaux, pour se recentrer sur elle-même. Et (ré)écouter d’autres voix.

Dans sa cabane, elle a érigé un petit autel multi-confessionnel. Cet autel rend hommage aux maîtresses spirituelles qu’elle a croisées et filmées avant son retrait du monde. Qu’elles prêchent la christianisme, l’islam, le tantrisme, le judaïsme, le bouddhisme, toutes décrivent une transcendance, l’intime conviction d’appartenir à un grand tout. Se remémorant les confessions (intercalées dans le montage avec le journal filmé dans la cabane de son voyage intérieur), la réalisatrice convoque ce concert de voix inspirantes pour rythmer son propre chemin, illustrer sa propre quête.

Ce choeur aussi fait apparaitre une communauté de femmes, qui « à travers les siècles, n’a jamais cessé de faire le lien entre le monde intérieur et le monde extérieur ». Alors qu’elle aussi se retrouve peu à peu à épouser le rythme de la nature et de son environnement, au fil de balades feutrées dans le bois et au son de ses pas assourdis par la neige, elle dépasse le sentiment de solitude pour se sentir appartenir petit à petit à ce tout. Même si de façon inattendu, les réalité va venir plus tôt que prévu frapper à sa porte.

Le film sort ce mercredi 23 novembre en Belgique.

Regardez aussi

« Dreaming Walls », ghost story

« I remember you well in the Chelsea Hotel » chantait Leonard Cohen. Et nous aussi, qu’on …